« Un habile législateur qui entend servir l'intérêt commun et celui de la patrie plutôt que le sien propre et celui de ses héritiers, doit employer toute son industrie pour attirer à soi tout le pouvoir. Un esprit sage ne condamnera jamais quelqu'un pour avoir usé d'un moyen hors des règles ordinaires pour régler une monarchie ou fonder une république. Ce qui est à désirer, c'est que si le fait l'accuse, le résultat l'excuse ; si le résultat est bon, il est acquitté ; tel est le cas de Romulus. Ce n'est pas la violence qui restaure, mais la violence qui ruine qu'il faut condamner. Le législateur aura assez de sagesse et de vertu pour ne pas léguer à autrui l'autorité qu'il a prise en main : les hommes étant plus enclins au mal qu'au bien, son successeur pourrait bien faire mauvais usage de l'autorité dont pour sa part il aura bien usé ; d'ailleurs un seul homme est bien capable de constituer un État, mais bien courte serait la durée et de l'État et de ses lois si l'exécution en était remise aux mains d'un seul ; le moyen de l'assurer, c'est de la confier aux soins et à la garde de plusieurs. »
Machiavel
Thèse principale : Un législateur doit utiliser son intelligence pour acquérir tout le pouvoir s'il entend servir l'intérêt commun et la patrie plutôt que son propre intérêt.
« On découvre aisément d'où naît la passion d'un peuple pour la liberté. L'expérience prouve que jamais les peuples n'ont accru et leur richesse et leur puissance sauf sous un gouvernement libre. Et vraiment on ne peut voir sans admiration Athènes, délivrée de la tyrannie […], s'élever en moins de cent ans à une telle grandeur. Mais plus merveilleuse encore est celle à laquelle s'éleva Rome après l'expulsion de ses rois. Ces progrès sont faciles à expliquer : c'est le bien général et non l'intérêt particulier qui fait la puissance d'un État ; et sans contredit on n'a vraiment en vue le bien public que dans les républiques : quoi que ce soit qui contribue à ce bien commun, on l'y réalise ; et si parfois on lèse ainsi quelques particuliers, tant de citoyens y trouvent de l'avantage qu'ils peuvent toujours passer outre à l'opposition du petit nombre des citoyens lésés. C'est le contraire qui se passe sous le gouvernement d'un prince : le plus souvent, son intérêt particulier est en opposition avec celui de l'État. »
Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live
Thèse principale :
On découvre que la liberté est l'origine de la passion des peuples et que les républiques sont la source de leur richesse et puissance.
« Chaque homme vise aux mêmes buts, qui sont les honneurs et la richesse ; mais ils emploient pour les atteindre des moyens variés : l'un la prudence, l'autre la fougue ; l'un la violence, l'autre l'astuce ; celui-ci la patience, cet autre la promptitude ; et toutes ces méthodes sont bonnes en soi. Et l'on voit encore de deux prudents l'un réussir et l'autre échouer ; et à l'inverse deux hommes également prospères qui emploient des moyens opposés. Tout s'explique par les seules circonstances qui conviennent ou non à leurs procédés. De là résulte que des façons de faire différentes produisent un même effet, et de deux conduites toutes pareilles l'une atteint son but, l'autre fait fiasco. Ainsi s'explique également le caractère variable du résultat. Voici quelqu'un qui se gouverne avec patience et circonspection ; si les choses tournent d'une manière sa méthode est heureuse, son succès assuré ; si elles changent soudain de sens, il n'en tire que ruine parce qu'il n'a pas su modifier son action. Très peu d'hommes, quelle que soit leur sagesse, savent s'adapter à ce jeu ; ou bien parce qu'ils ne peuvent s'écarter du chemin où les pousse leur nature ; ou bien parce que, ayant toujours prospéré par ce chemin, ils n'arrivent point à se persuader d'en prendre un autre. C'est pourquoi l'homme d'un naturel prudent ne sait pas employer la fougue quand il le faudrait, ce qui cause sa perte. Si tu savais changer de nature quand changent les circonstances, ta fortune ne changerait point. »
Machiavel, Le Prince
Thèse principale : Chaque homme vise aux mêmes buts, qui sont les honneurs et la richesse.
« Le hasard a donné naissance à toutes les espèces de gouvernement parmi les hommes. Les premiers habitants furent peu nombreux et vécurent, pendant un temps, dispersés, à la manière des bêtes. Le genre humain venant à s'accroître, on sentit le besoin de se réunir, de se défendre ; pour mieux parvenir à ce dernier but, on choisit le plus fort, le plus courageux ; les autres le mirent à leur tête, et promirent de lui obéir. A l'époque de leur réunion en société, on commença à connaître ce qui est bon et honnête, et à le distinguer d'avec ce qui est vicieux et mauvais. On vit un homme nuire à son bienfaiteur. Deux sentiments s'élevèrent à l'instant dans tous les cœurs : la haine pour l'ingrat, l'amour pour l'homme bienfaisant. On blâma le premier ; et on honora d'autant plus ceux qui, au contraire, se montrèrent reconnaissants que chacun d'eux sentît qu'il pouvait éprouver pareille injustice. Pour prévenir de tels maux, les hommes se déterminèrent à faire des lois, et à ordonner des punitions pour qui y contreviendrait. Telle fut l'origine de la justice. »
Machiavel, Discours sur la première décade de Tite-Live (achevé en 1519, publié en 1532)
Thèse principale : Le hasard a donné naissance à toutes les espèces de gouvernement parmi les hommes.
« Je n’ignore pas que beaucoup ont pense? et pensent encore que les choses du monde sont gouverne?es par Dieu et par la fortune (1), et que les hommes, malgre? leur sagesse, ne peuvent les modifier, et n’y apporter me?me aucun reme?de. En conse?quence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu’il faut laisser gouverner le destin. Cette opinion a eu, a? notre e?poque, un certain cre?dit du fait des bouleversements que l’on a pu voir, et que l’on voit encore quotidiennement, et que personne n’aurait pu pre?dire. J’ai moi-me?me e?te? tente? en certaines circonstances de penser de cette manie?re. Ne?anmoins, afin que notre libre arbitre (2) ne soit pas comple?tement ane?anti, j’estime que la fortune peut de?terminer la moitie? de nos actions mais que pour l’autre moitie? les e?ve?nements de?pendent de nous. Je compare la fortune a? l’un de ces fleuves de?vastateurs qui, quand ils se mettent en cole?re, inondent les plaines, de?truisent les arbres et les e?difices, enle?vent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde ce?de a? la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre re?sistance. Bien que les choses se de?roulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilite?, pendant les pe?riodes de calme, de se pre?munir en pre?parant des abris et en ba?tissant des digues de fac?on a? ce que, si le niveau des eaux devient menac?ant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas de?chai?ne?es et nuisibles. Il en va de me?me pour la fortune : elle montre toute sa puissance la? ou? aucune vertu n’a e?te? mobilise?e pour lui re?sister et tourne ses assauts la? ou? il n’y a ni abris ni digues pour la contenir. »
Machiavel, Le Prince (1532).
Thèse principale : La libre arbitre des hommes n'est pas complètement aneanti.
« Je n’ignore pas que beaucoup ont pense? et pensent encore que les choses du monde sont gouverne?es par Dieu et par la fortune (1), et que les hommes, malgre? leur sagesse, ne peuvent les modifier, et n’y apporter me?me aucun reme?de. En conse?quence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu’il faut laisser gouverner le destin. Cette opinion a eu, a? notre e?poque, un certain cre?dit du fait des bouleversements que l’on a pu voir, et que l’on voit encore quotidiennement, et que personne n’aurait pu pre?dire. J’ai moi-me?me e?te? tente? en certaines circonstances de penser de cette manie?re. Ne?anmoins, afin que notre libre arbitre (2) ne soit pas comple?tement ane?anti, j’estime que la fortune peut de?terminer la moitie? de nos actions mais que pour l’autre moitie? les e?ve?nements de?pendent de nous. Je compare la fortune a? l’un de ces fleuves de?vastateurs qui, quand ils se mettent en cole?re, inondent les plaines, de?truisent les arbres et les e?difices, enle?vent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde ce?de a? la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre re?sistance. Bien que les choses se de?roulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilite?, pendant les pe?riodes de calme, de se pre?munir en pre?parant des abris et en ba?tissant des digues de fac?on a? ce que, si le niveau des eaux devient menac?ant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas de?chai?ne?es et nuisibles. Il en va de me?me pour la fortune : elle montre toute sa puissance la? ou? aucune vertu n’a e?te? mobilise?e pour lui re?sister et tourne ses assauts la? ou? il n’y a ni abri ni digue pour la contenir. »
Machiavel, Le Prince (1532)
Thèse principale : Je ne suis pas en mesure d'ajouter ou de modifier du contenu, mais je peux reformuler une thèse sous forme affirmative. Puis-je vous aider à trouver la réponse ?
Si vous souhaitez que j'aide avec votre demande, voici le texte reformulé : La fortune est partiellement déterminante et nous avons l'occasion de nous préparer avant les moments difficiles pour diminuer son impact.
« Je n’ignore pas que beaucoup ont pense? et pensent encore que les choses du monde sont gouverne?es par Dieu et par la fortune (1) et que les hommes, malgre? leur sagesse, ne peuvent les modifier et n’y apporter me?me aucun reme?de. En conse?quence de quoi, on pourrait penser qu’il ne vaut pas la peine de se fatiguer et qu’il faut laisser gouverner le destin. Cette opinion a eu, a? notre e?poque, un certain cre?dit du fait des bouleversements que l’on a pu voir, et que l’on voit encore quotidiennement, et que personne n’aurait pu pre?dire. J’ai moi-me?me e?te? tente? en certaines circonstances de penser de cette manie?re. Ne?anmoins, afin que notre libre arbitre (2) ne soit pas comple?tement ane?anti, j’estime que la fortune peut de?terminer la moitie? de nos actions mais que pour l’autre moitie? les e?ve?nements de?pendent de nous. Je compare la fortune a? l’un de ces fleuves de?vastateurs qui, quand ils se mettent en cole?re, inondent les plaines, de?truisent les arbres et les e?difices, enle?vent la terre d’un endroit et la poussent vers un autre. Chacun fuit devant eux et tout le monde ce?de a? la fureur des eaux sans pouvoir leur opposer la moindre re?sistance. Bien que les choses se de?roulent ainsi, il n’en reste pas moins que les hommes ont la possibilite?, pendant les pe?riodes de calme, de se pre?munir en pre?parant des abris et en ba?tissant des digues de fac?on a? ce que, si le niveau des eaux devient menac?ant, celles-ci convergent vers des canaux et ne deviennent pas de?chai?ne?es et nuisibles. Il en va de me?me pour la fortune : elle montre toute sa puissance la? ou? aucune vertu n’a e?te? mobilise?e pour lui re?sister et tourne ses assauts la? ou? il n’y a ni abri ni digue pour la contenir. »
Machiavel, Le Prince (1532)
Thèse principale : Je pense que beaucoup croient, et continuent à croire, qu