Hegel

Hegel

1770;1831
Dialectique;Esprit;Histoire
Georg Wilhelm Friedrich Hegel, philosophe allemand, est connu pour son système de l'idéalisme absolu et sa dialectique historique.

Biographie

Georg Wilhelm Friedrich Hegel, philosophe allemand, est connu pour son système de l'idéalisme absolu et sa dialectique historique.

Courant philosophique

Métaphysique

Ce courant de pensée se caractérise par une approche spécifique des questions philosophiques fondamentales.

Approche philosophique

Idéalisme absolu

Contexte historique

Hegel vit à l'époque des Lumières et de la Révolution française, période de grands bouleversements en Europe. Il est témoin de l'ascension et de la chute de Napoléon, ainsi que de la Restauration.

C'est une période de transition entre l'Ancien Régime et l'émergence des États-nations modernes. L'idéalisme allemand se développe en réaction à la philosophie critique de Kant. Le romantisme allemand influence la pensée de l'époque, notamment à travers Schelling et Hölderlin.
Les sciences naturelles connaissent d'importants progrès. Hegel développe un système philosophique visant à unifier tous les domaines du savoir. Il élabore une méthode dialectique pour comprendre le développement de l'Esprit et de l'Histoire.
Sa pensée vise à dépasser les dualismes de la philosophie moderne, notamment celui entre sujet et objet. Il s'intéresse à de nombreux domaines : métaphysique, philosophie de l'histoire, esthétique, philosophie du droit.
Hegel cherche à réconcilier la raison et la réalité, affirmant que "tout ce qui est rationnel est réel, et tout ce qui est réel est rationnel". Il développe l'idée que l'Histoire est le processus par lequel l'Esprit prend conscience de lui-même.

Pour réussir au bac avec Hegel

Pour mobiliser efficacement cet auteur dans vos dissertations :

  • Maîtrisez ses concepts clés et sa démarche philosophique
  • Mémorisez quelques citations pertinentes pour illustrer ses idées
  • Comprenez la cohérence globale de sa pensée et son évolution
  • Identifiez ses apports majeurs à l'histoire de la philosophie
  • Établissez des liens avec d'autres philosophes pour une approche comparative
La conscience de soi atteint sa satisfaction seulement dans une autre conscience de soi.
conscience
Selon Hegel, la conscience de soi n”est pas un état isolé, mais implique l”autre. Pour être satisfaite, elle doit se reconnaître dans une autre conscience de soi, ce qui signifie que le moi ne peut se réaliser qu”à travers l”interaction avec autrui.
La chouette de Minerve ne prend son vol qu’à la tombée de la nuit.
vérité
Selon Hegel, la citation évoque l”esprit critique et la vérité qui se développent dans l”obscurité, lorsque les illusions et les préjugés ont disparu. La chouette de Minerve, symbole de la sagesse, ne prend son vol qu”à la tombée de la nuit, indiquant que la compréhension profonde et la vérité ne sont accessibles que lorsqu”on a dépassé les apparences et les préconceptions.
Rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion.
bonheur
Selon Hegel, pour atteindre un véritable bonheur, il faut être motivé par une grande passion. Il considère que l”absence de feu sacré empêche les réalisations importantes et que seule la passion peut animer les individus à poursuivre leurs rêves avec conviction et détermination.

l'art à l'ère de la culture réflexive

art temps
« L'art ne donne plus cette satisfaction des besoins spirituels, que des peuples et des temps révolus cherchaient et ne trouvaient qu'en lui. Les beaux jours de l'art grec comme l'âge d'or de la fin du Moyen Age sont passés. La culture réflexive de notre époque nous contraint, tant dans le domaine de la volonté que dans celui du jugement, à nous en tenir à des vues universelles d'après lesquelles nous réglons tout ce qui est particulier ; formes universelles, lois, devoirs, droits, maximes sont les déterminations fondamentales qui commandent tout. Or le goût artistique comme la production artistique exigent plutôt quelque chose de vivant, dans lequel l'universel ne figure pas sous forme de loi et de maxime, mais confonde son action avec celle du sentiment et de l'impression, de la même façon que l'imagination fait une place à l'universel et au rationnel, en les unissant à une apparence sensible et concrète. Voilà pourquoi notre époque n'est en général pas propice à l'art… Dans ces circonstances l'art, ou du moins sa destination suprême, est pour nous quelque chose du passé. De ce fait, il a perdu pour nous sa vérité et sa vie ; il est relégué dans notre représentation, loin d'affirmer sa nécessité effective et de s'assurer une place de choix, comme il le faisait jadis. Ce que suscite en nous une œuvre artistique de nos jours, mis à part un plaisir immédiat, c'est un jugement, étant donné que nous soumettons à un examen critique son fond, sa forme et leur convenance ou disconvenance réciproque. La science de l'art est donc bien plus un besoin à notre époque que dans les temps où l'art donnait par lui-même, en tant qu'art, pleine satisfaction. L'art nous invite à la médiation philosophique, qui a pour but non pas de lui assurer un renouveau, mais de reconnaître rigoureusement ce qu'il est dans son fond. »
Hegel
Thèse principale : Notre époque n'est pas propice à l'art.

le droit indépendant de l'intention et de la conviction

devoir justice
« Le droit ne dépend pas de l'intention qu'on a en agissant. On peut faire quelque chose avec une excellente intention, la conduite n'est pas pour autant justifiée, mais peut être, sans qu'on y prenne garde, contraire au droit. D'autre part, une conduite, par exemple l'affirmation de ma propriété, peut être juridiquement tout à fait justifiée et faire place cependant à une intention méchante, dans la mesure où il ne s'agit pas seulement pour moi de défendre mon droit, mais bien plutôt de nuire à autrui. Sur le droit comme tel cette intention n'a aucune influence. Le droit n'a rien à voir avec la conviction que ce que j'ai à faire soit juste ou injuste. Tel est particulièrement le cas en ce qui concerne la punition. On tâche sans doute de persuader le criminel qu'il est puni à bon droit. Mais qu'il en soit ou non convaincu ne change rien au droit qu'on lui applique. Enfin le droit ne dépend non plus en rien de la disposition d'esprit dans laquelle un acte est accompli. Il arrive très souvent qu'on agisse de façon correcte par simple crainte de la punition, ou parce qu'on a peur de n'importe quelle autre conséquence désagréable, telle que perdre sa réputation ou son crédit. Il se peut aussi qu'en agissant selon le droit on songe à la récompense qu'on obtiendra ainsi dans une autre vie. Le droit comme tel est indépendant de ces dispositions d'esprit. »
Hegel
Thèse principale : Le droit ne dépend pas de l'intention ou de la disposition d'esprit.

l'évolution de la ré beauté artistique : du simple au sublime

art technique
« Il existe un préjugé très répandu, d'après lequel l'art a débuté par le simple et le naturel. Ceci peut être vrai dans une certaine mesure, car, par rapport à l'art, le grossier et le sauvage constituent le plus simple ; les vrais débuts, tels que les conçoit l'art, sont tout autre chose. Les débuts simples et naturels, au sens du grossier et du sauvage, n'ont rien à voir avec l'art et la beauté, comme n'ont rien d'artistique les figures simples dessinées par les enfants, par exemple, qui, avec quelques traits informes, tracent une figure humaine, un cheval, etc. La beauté, en tant qu'œuvre d'art, a besoin, dès ses débuts, d'une technique élaborée, exige de nombreux essais et un long exercice, et le simple, en tant que simplicité du beau, la grandeur idéale, est plutôt un résultat obtenu après de nombreuses médiations qui avaient pour but d'éliminer la variété, les exagérations, les confusions, le malaisé, sans que cette victoire se ressente des travaux préliminaires, du travail de préparation et d'élaboration, de façon que la beauté surgisse dans toute sa liberté, apparaisse comme faite d'une seule coulée. »
Hegel
Thèse principale : L'art commence par l'élaboration et la technique, pas par le simple ou le naturel.

le symbole et son rapport arbitraire entre le sens et son expression

langage art
« Le symbole est avant tout un signe. Mais dans la simple présentation, le rapport qui existe entre le sens et son expression est un rapport purement arbitraire. Cette expression, cette image ou cette chose sensible représente si peu elle-même qu'elle éveille plutôt en nous l'idée d'un contenu qui lui est tout à fait étranger, avec lequel elle n'a, à proprement parler, rien de commun […]. Un […] exemple de ces signes nous est fourni par les couleurs, employées dans les cocardes, les drapeaux, etc., pour montrer à quelle nation appartient un individu, un navire, etc. En elle -même, une pareille couleur ne possède aucune qualité qui lui serait commune avec ce qu'elle signifie, c'est-à-dire avec la notion qu'elle est censée représenter. Ce n'est cependant pas à cause de cette indifférence réciproque qui existe entre le signe et l'expression que le symbole intéresse l'art, lequel implique, au contraire et d'une façon générale, un rapport, une parenté, une interpénétration concrète entre signification et forme. »
Hegel
Thèse principale : Le symbole est avant tout un signe qui représente peu en soi mais éveille une idée.

l'imperfection de l'art de la représentation

art vérité
« Dans la peinture de portraits, où il s'agit de fixer les traits d'un homme, la ressemblance est certainement un élément très important et, cependant, dans les meilleurs portraits, dans ceux qu'on s'accorde à reconnaître comme les mieux réussis, la ressemblance n'est jamais parfaite, il leur manque toujours quelque chose par rapport au modèle naturel. L'imperfection de cet art tient à ce que ses représentations, malgré les efforts d'exactitude, restent toujours plus abstraites que les objets naturels dans leur existence immédiate. Le plus abstrait, c'est une esquisse, un dessin. Lorsqu'on emploie des couleurs, qu'on prend pour règle la nature, on trouve toujours que quelque chose a été omis, que la représentation, l'imitation n'est pas aussi parfaite que la formation naturelle. Or, ce qui rend ces représentations particulièrement imparfaites, c'est le manque de spiritualité. Lorsque des tableaux de ce genre servent à reproduire des traits humains, ils doivent avoir une expression de spiritualité qui manque d'ailleurs à l'homme naturel, tel qu'il se présente à nous directement, sous son aspect de tous les jours. Or, c'est ce que le naturalisme est incapable de faire, et c'est en cela que se manifeste son impuissance. C'est l'expression de spiritualité qui doit dominer le tout. »
Hegel
Thèse principale : Dans la peinture, la ressemblance est importante mais jamais parfaite. Les représentations sont imparfaites car elles manquent de spiritualité.

raison travail
« Le trésor de raison consciente d'elle-même qui nous appartient, qui appartient à l'époque contemporaine, ne s'est pas produit de manière immédiate, n'est pas sorti du sol du temps présent, mais pour lui c'est essentiellement un héritage, plus précisément le résultat du travail et, à vrai dire, du travail de toutes les générations antérieures du genre humain. De même que les arts de la vie extérieure, la quantité de moyens et de procédés habiles, les dispositions et les habitudes de la vie sociale et politique sont un résultat de la réflexion, de l'invention, des besoins, de la nécessité et du malheur, de la volonté et de la réalisation de l'histoire qui précède notre époque, de même ce que nous sommes en fait de sciences et plus particulièrement de philosophie nous le devons à la tradition qui enlace tout ce qui est passager et qui est par suite passé, pareille à une chaîne sacrée, […] et qui nous a conservé et transmis tout ce qu'a créé le temps passé. Or, cette tradition n'est pas seulement une ménagère qui se contente de garder fidèlement ce qu'elle a reçu et le transmet sans changement aux successeurs ; elle n'est pas une immobile statue de pierre, mais elle est vivante et grossit comme un fleuve puissant qui s'amplifie à mesure qu'il s'éloigne de sa source. »
Hegel
Thèse principale : La conscience historique de l'humanité se compose des travaux et réalisations accumulés par toutes les générations du passé.

l'expérience comme source de connaissance

« La source première de notre connaissance est l'expérience. Pour qu'il y ait expérience, il faut, absolument parlant, que nous ayons perçu une chose elle-même. Mais on doit, en outre, distinguer perception et expérience. D'entrée de jeu la perception ne contient qu'un unique objet qui est maintenant, de façon fortuite, ainsi constitué, mais qui, une autre fois, peut être autrement constitué. Or, si je répète la perception et que, dans cette perception répétée, je remarque et retienne fermement ce qui reste égal à soi-même en toutes ces perceptions, c'est là une expérience. L'expérience contient avant tout des lois, c'est-à-dire une liaison entre deux phénomènes telle que, si l'un est présent, l'autre aussi suit toujours. Mais l'expérience ne contient que l'universalité d'un tel phénomène, non la nécessité de la corrélation. L'expérience enseigne seulement qu'une chose est ainsi, c'est-à-dire comme elle se trouve, ou donnée, mais non encore les fondements ou le pourquoi. »
Hegel
Thèse principale : La source première de notre connaissance est l'expérience.

la satisfaction de créer plutôt que d'imiter

art nature
« Quel but l'homme poursuit-il en imitant la nature ? Celui de s'éprouver lui-même, de montrer son habileté et de se réjouir d'avoir fabriqué quelque chose ayant une apparence naturelle. […] Mais cette joie et cette admiration de soi-même ne tardent pas à tourner en ennui et mécontentement, et cela d'autant lus vite et plus facilement que l'imitation reproduit plus fidèlement le modèle naturel. Il y a des portraits dont on a dit assez spirituellement qu'ils sont ressemblants jusqu'à la nausée. D'une façon générale, la joie que procure une imitation réussie ne peut être qu'une joie très relative, car dans l'imitation de la nature le contenu, la matière sont des données qu'on a que la peine d'utiliser. L'homme devrait éprouver une joie plus grande en produisant quelque chose qui soit bien de lui, quelque chose qui lui soit particulier et dont il puisse dire qu'il est sien. Tout outil technique, un navire par exemple ou, plus particulièrement, un instrument scientifique doit lui procurer plus de joie, parce que c'est sa propre œuvre, et non une imitation. Le plus mauvais outil technique a plus de valeur à ses yeux ; il peut être fier d'avoir inventé le marteau, le clou, parce que ce sont des inventions originales, et non imitées. L'homme montre mieux son habileté dans des productions surgissant de l'esprit qu'en imitant la nature. »
Hegel
Thèse principale : L'homme recherche à s'éprouver lui-même par des productions surgissant de l'esprit.

l'identité de l'homme à travers ses actes

« On introduit souvent une différence entre ce que l'homme est intérieurement et ses actes. Cette distinction n'a aucune vérité dans l'histoire. L'homme s'identifie à la série de ses actes. On s'imagine que l'intention peut être excellente même si les actes ne valent rien. Certes, il peut arriver dans certains cas que l'homme dissimule ses intentions, mais c'est là une situation à part. La vérité oblige à dire que l'extérieur ne saurait se différencier de l'intérieur. C'est surtout dans l'histoire qu'il faut écarter les subtilités concernant des distinctions momentanées. Les peuples valent ce que valent leurs actes. Et leurs actes traduisent leurs buts. »
Hegel
Thèse principale : On ne saurait distinguer l'intérieur des actes de l'extérieur.

la décision comme condition de réalité

conscience liberté
« La volonté qui ne se décide pas n'est pas une volonté effective. L'homme sans caractère ne parvient jamais à se décider. La cause de l'indécision peut également résider dans une certaine délicatesse de l'âme, laquelle sait qu'en se déterminant, elle s'engage dans la finitude, se donne des limites en abandonne ainsi l'infinité ; mais elle ne veut pas renoncer à la totalité qu'elle a en vue. Une telle âme est une âme morte, même si elle veut être une belle âme. Goethe dit […] que celui qui veut accomplir quelque chose de grand doit savoir se limiter. Ce n'est que par la décision que l'homme entre dans la réalité effective, même s'il doit lui en coûter beaucoup. L'inertie reste absorbée dans ses pensées et n'en veut pas sortir, car elle se ménage ainsi une possibilité universelle. C'est pourquoi la volonté sûre d'elle-même ne va pas à sa perte en se déterminant. »
Hegel
Thèse principale : La décision est la source de toute volonté effective.

la distinction entre droit et morale

« Le droit ne dépend en rien de la disposition d'esprit dans laquelle un acte est accompli. Il arrive très souvent qu'on agisse de façon correcte par simple crainte de la punition, ou parce qu'on a peur de n'importe quelle autre conséquence désagréable, telle que perdre sa réputation ou son crédit. Il se peut aussi qu'en agissant selon le droit on songe à la récompense qu'on obtiendra ainsi dans une autre vie. Le droit comme tel est indépendant de ces dispositions d'esprit. Il faut distinguer droit et morale. Le droit peut très bien permettre une action qu'interdise la morale. Le droit, par exemple, m'autorise à disposer de mon bien de façon tout à fait inconditionnelle, mais la morale contient des déterminations qui limitent ce droit de disposition. Il peut sembler que la morale permette bien des actions que le droit interdit, mais la morale n'exige pas seulement l'observation du droit à l'égard d'autrui, elle ajoute de plus au droit la disposition d'esprit qui consiste à respecter le droit pour lui-même. C'est la morale elle-même qui impose que, d'abord, le droit soit respecté, et que, là où cesse le domaine du droit, interviennent des déterminations morales. Pour qu'une conduite ait une valeur morale, il est nécessaire de discerner si cette conduite est juste ou injuste, bonne ou méchante. »
Hegel
Thèse principale : Le droit est indépendant des dispositions d'esprit et des motivations.

la formation de l'artiste : entre talent naturel et savoir-faire technique

art technique
« L'idée essentielle qu'il nous faut noter est que, même si le talent et le génie de l'artiste comportent un moment naturel (1), ce moment n'en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu'il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu'un savoir-faire exercé et assuré dans l'exécution. Car l'un des aspects principaux de cette production est malgré tout un travail extérieur, dès lors que l'œuvre d'art a un côté purement technique qui confine à l'artisanal, surtout en architecture et en sculpture, un peu moins en peinture et en musique, et dans une faible mesure encore en poésie. Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n'est pas l'inspiration qui peut être d'un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l'application et une pratique assidue. Or il se trouve qu'un tel savoir-faire est indispensable à l'artiste s'il veut se rendre maître du matériau extérieur et ne pas être gêné par son âpre résistance. »
Hegel
Thèse principale : Le talent naturel doit être formé et éduqué par la pensée et la réflexion.

la supériorité de la beauté artistique sur la beauté naturelle

art nature
« Dans la vie courante, on a coutume, il est vrai, de parler de belles couleurs, d'un beau ciel, d'un beau torrent, et encore de belles fleurs, de beaux animaux et même de beaux hommes. Nous ne voulons pas ici nous embarquer dans la question de savoir dans quelle mesure la qualité de beauté peut être attribuée légitimement à de tels objets et si en général le beau naturel peut être mis en parallèle avec le beau artistique. Mais il est permis de soutenir dès maintenant que le beau artistique est plus élevé que le beau dans la nature. Car la beauté artistique est la beauté […] née de l'esprit. Or autant l'esprit et ses créations sont plus élevés que la nature et ses manifestations, autant le beau artistique est lui aussi plus élevé que la beauté de la nature. Même, abstraction faite du contenu, une mauvaise idée, comme il nous en passe par la tête, est plus élevée que n'importe quel produit naturel ; car en une telle idée sont présents toujours l'esprit et la liberté. »
Hegel
Thèse principale : Le beau artistique est plus élevé que la beauté naturelle. Car il est issu de l'esprit.

l'importance de partager la philosophie avec autrui

vérité conscience
« S'écoulant dans le lit assuré du bon sens, la philosophie naturelle (1) produit au mieux une rhétorique de vérités triviales. Lui reproche-t-on l'insignifiance de ce qu'elle présente, elle assure en réplique que le sens et le contenu sont présents dans son cœur et doivent être aussi dans le cœur des autres ; elle a en effet, à son avis, prononcé l'ultime parole en parlant de l'innocence du cœur et de la pureté de la conscience morale, à quoi on ne peut rien objecter, et au-delà de quoi on ne peut rien demander. Cependant, ce qu'il fallait faire c'était ne pas laisser le meilleur au fond du cœur, mais le tirer du puits pour l'exposer à la lumière du jour. […] Puisque le sens commun fait appel au sentiment, son oracle intérieur, il rompt tout contact avec qui n'est pas de son avis, il est ainsi contraint d'expliquer qu'il n'a rien d'autre à dire à celui qui ne trouve pas et ne sent pas en soi-même la même vérité ; en d'autres termes, il foule aux pieds la racine de l'humanité, car la nature de l'humanité, c'est de tendre à l'accord mutuel ; son existence est seulement dans la communauté instituée des consciences. »
Hegel
Thèse principale : L'humanité trouve ses racines à travers l'accord commun.

art vérité
« L'œuvre d'art vient donc de l'esprit et existe pour l'esprit, et sa supériorité consiste en ce que si le produit naturel est un produit doué de vie, il est périssable, tandis qu'une œuvre d'art est une œuvre qui dure. La durée présente un intérêt plus grand. Les événements arrivent, mais, aussitôt arrivés, ils s'évanouissent ; l'œuvre d'art leur confère de la durée, les représente dans leur vérité impérissable. L'intérêt humain, la valeur spirituelle d'un événement, d'un caractère individuel, d'une action, dans leur évolution et leurs aboutissements, sont saisis par l'œuvre d'art qui les fait ressortir d'une façon plus pure et transparente que dans la réalité ordinaire, non artistique. C'est pourquoi l'œuvre d'art est supérieure à tout produit de la nature qui n'a pas effectué ce passage par l'esprit. C'est ainsi que le sentiment et l'idée qui, en peinture, ont inspiré un paysage confère à cette œuvre de l'esprit un rang plus élevé que celui du paysage tel qu'il existe dans la nature. Tout ce qui est de l'esprit est supérieur à ce qui existe à l'état naturel. »
Hegel
Thèse principale : L'œuvre d'art est supérieure au produit naturel.

la menace comme fondement de la peine : une contradiction avec la liberté

liberté justice
« Certains fondent la peine sur la menace et pensent que si quelqu'un commet un crime malgré cette menace, la peine doit nécessairement 's'ensuivre, parce que le criminel en avait connaissance. S'ensuit-il toutefois que la menace soit conforme au droit ? La menace suppose que l'homme n'est pas un être libre et elle veut le contraindre par la représentation d'un mal. Mais le droit et la justice doivent avoir leur fondement dans la liberté et dans la volonté, et non dans un état de non-liberté, auquel la menace s'applique. Cette théorie fonde la peine à la manière d'un maître qui agite un bâton devant son chien et l'homme n'y est pas traité selon sa dignité et sa liberté, mais comme un chien. La menace qui, en réalité, peut révolter l'homme, au point qu'il prouve contre elle sa liberté, laisse entièrement de côté la justice. »
Hegel
Thèse principale : La menace qui fait de l'homme un chien ne conduit pas à la justice.

l'apprentissage de la valeur de l'action

conscience devoir
« À l'école, l'activité de l'enfant commence à acquérir, de façon essentielle et radicale, une signification sérieuse, à savoir qu'elle n'est plus abandonnée à l'arbitraire et au hasard, au plaisir et au penchant du moment ; l'enfant apprend à déterminer son agir d'après un but et d'après des règles, il cesse de valoir à cause de sa personnalité immédiate, et commence de valoir suivant ce qu'il fait et de s'acquérir du mérite. Dans la famille, l'enfant doit agir comme il faut dans le sens de l'obéissance personnelle et de l'amour ; à l'école, il doit se comporter dans le sens du devoir et d'une loi, et, pour réaliser un ordre universel, simplement formel, faire telle chose et s'abstenir de telle autre chose qui pourrait bien autrement être permise à l'individu. Instruit au sein de la communauté qu'il forme avec plusieurs, il apprend à tenir compte d'autrui, à faire confiance à d'autres hommes qui lui sont tout d'abord étrangers et à avoir confiance en lui-même vis-à-vis d'eux, et il s'engage ici dans la formation et la pratique des vertus sociales. »
Hegel
Thèse principale : L

révéler l'essence de l'âme à travers l'art

« Éveiller l'âme : tel est, dit-on, le but final de l'art, tel est l'effet qu'il doit chercher à obtenir. C'est de cela que nous avons à nous occuper en premier lieu. En envisageant le but final de l'art sous ce dernier aspect, en nous demandant notamment quelle est l'action qu'il doit exercer, qu'il peut exercer et qu'il exerce effectivement, nous constatons aussitôt que le contenu de l'art comprend tout le contenu de l'âme et de l'esprit, que son but consiste à révéler à l'âme tout ce qu'elle recèle d'essentiel, de grand, de sublime, de respectable et de vrai. Il nous procure l'expérience de la vie réelle, nous transporte dans des situations que notre expérience personnelle ne nous fait pas et ne nous fera peut-être jamais connaître : les expériences des personnes qu'il représente, et, en même temps, grâce à la part que nous prenons à ce qui arrive à ces personnes, nous devenons capables de ressentir plus profondément ce qui se passe en nous-mêmes. »
Hegel
Thèse principale : L'art révèle l'essentiel, la grandeur et la vérité humaine.

le pouvoir de la volonté contre les circonstances

liberté liberté
« On dit volontiers : ma volonté a été déterminée par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. La formule implique d'emblée que je me sois ici comporté de façon passive. Mais, en vérité, mon comportement n'a pas été seulement passif ; il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est ma volonté qui a assumé telles circonstances à titre de mobiles, qui les fait valoir comme mobiles. Il n'est ici aucune place pour la relation de causalité. Les circonstances ne jouent point le rôle de causes et ma volonté n'est pas l'effet de ces circonstances. La relation causale implique que ce qui est contenu dans la cause s'ensuive nécessairement. Mais en tant que réflexion, je puis dépasser toute détermination posée par les circonstances. Dans la mesure où l'homme allègue qu'il a été entraîné par des circonstances, des excitations, etc., il entend par là rejeter, pour ainsi dire, hors de lui-même sa propre conduite, mais ainsi il se réduit tout simplement à l'état d'être non libre ou naturel, alors que sa conduite, en vérité, est toujours sienne, non celle d'un autre ni l'effet de quelque chose qui existe hors de lui. Les circonstances ou mobiles n'ont jamais sur l'homme que le pouvoir qu'il leur accorde lui-même. »
Hegel
Thèse principale : Nous sommes actifs dans notre volonté même si nous sommes influencés par des circonstances. Nous avons le pouvoir de faire preuve de liberté en dépassant ces influences.

l'innocence perdue dans l'état de nature

nature état
« On décrit souvent l'état de nature comme un état parfait de l'homme, en ce qui concerne tant le bonheur que la bonté morale. Il faut d'abord noter que l'innocence est dépourvue, comme telle, de toute valeur morale, dans la mesure où elle est ignorance du mal et tient à l'absence des besoins d'où peut naître la méchanceté. D'autre part, cet état est bien plutôt celui où règnent la violence et l'injustice, précisément parce que les hommes ne s'y considèrent que du seul point de vue de la nature. Or, de ce point de vue là, ils sont inégaux tout à la fois quant aux forces du corps et quant aux dispositions de l'esprit, et c'est par la violence et la ruse qu'ils font valoir l'un contre l'autre leur différence. »
Hegel
Thèse principale : L'état de nature correspond à un état de violence et d'injustice, où règnent l'ignorance et les inégalités.

lien entre comportement juridique et comportement moral

devoir conscience
« Il est obligatoire qu'au comportement juridiquement correct se lie aussi, de façon essentielle, le comportement moral. Mais il peut arriver qu'au comportement juridiquement correct ne se lie aucunement la disposition d'esprit orientée vers le droit, et même que ce comportement fasse place à une disposition d'esprit immorale. La conduite juridiquement correcte, dans la mesure où elle a pour mobile le respect de la loi, est en même temps une conduite morale. C'est, de façon juridiquement correcte, mais, en même temps, avec une disposition d'esprit morale, qu'il faut tout d'abord se conduire, purement et simplement, et ensuite seulement, hors de toute interdiction juridique (de toute obligation de droit) la conduite morale peut intervenir comme telle. Les hommes aiment à se conduire de façon morale ou noble et, plutôt que de remplir leurs obligations juridiques, ils préfèrent souvent répandre des dons désintéressés. Car, en se conduisant avec noblesse, ils se donnent à eux-mêmes conscience de leur perfection particulière, alors qu'en suivant la règle de droit ils se situent à un niveau de parfaite universalité, qui leur est commun avec tout le monde. »
Hegel
Thèse principale : Il est obligatoire qu'au comportement juridiquement correct se lie aussi, de façon essentielle, le comportement moral. Mais il peut arriver qu'au comportement juridiquement correct ne se lie aucunement la disposition d'esprit orientée vers le droit, et même que ce comportement fasse place à une disposition d'esprit immorale. La conduite juridiquement correcte est en même temps une conduite morale. Les hommes aiment à se conduire de façon morale ou noble.

l'art comme reflet de l'humanité consciente

conscience art
« L'universalité du besoin d'art ne tient pas à autre chose qu'au fait que l'homme est un être pensant et doué de conscience. En tant que doué de conscience, l'homme doit se placer en face de ce qu'il est, de ce qu'il est d'une façon générale, et en faire un objet pour soi. Les choses de la nature se contentent d'être, elles sont simples, ne sont qu'une fois, mais l'homme, en tant que conscience, se dédouble : il est une fois, mais il est pour lui-même. Il projette devant lui ce qu'il est ; il se contemple, se représente lui-même. Il faut donc chercher le besoin général qui provoque une œuvre d'art dans la pensée de l'homme, puisque l'œuvre d'art est un moyen à l'aide duquel l'homme extériorise ce qu'il est. »
Hegel
Thèse principale : L'universalité du besoin d'art provient directement de l'être pensant de l'homme.

la quête de la connaissance au-delà des apparences

Encyclopédie des sciences philosophiques
conscience langage
« Nous remarquons par exemple l'éclair et le tonnerre. Ce phénomène nous est bien connu et nous le percevons souvent. Cependant l'homme ne se satisfait pas de la simple familiarité qui rend bien connu, du phénomène seulement sensible, mais il veut aller voir derrière celui-ci, il veut savoir ce qu'il est, il veut le concevoir. C'est pourquoi on réfléchit, on veut savoir la cause, comme quelque chose qui diffère du phénomène en tant que tel, l'intérieur dans sa différence d'avec ce qui est simplement extérieur. On redouble ainsi le phénomène, on le brise en deux en intérieur et extérieur, force et extériorisation, cause et effet. L'intérieur - la force - est ici à nouveau l'universel, ce qui dure, non pas tel ou tel éclair, telle ou telle plante, mais ce qui demeure le même en toute chose. Le sensible est quelque chose de singulier et de disparaissant ; l'élément durable en lui, nous apprenons à le connaître au moyen de la réflexion. »
Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques
Thèse principale : L

l'art et l'imitation de la nature

nature art
« On peut dire d'une façon générale qu'en voulant rivaliser avec la nature par l'imitation, l'art restera toujours au-dessous de la nature et pourra être comparé à un ver faisant des efforts pour égaler un éléphant. Il y a des hommes qui savent imiter les trilles (1) du rossignol, et Kant a dit à ce propos que, dès que nous nous apercevons que c'est un homme qui chante ainsi, et non un rossignol, nous trouvons ce chant insipide (2). Nous y voyons un simple artifice, non une libre production de la nature ou une œuvre d'art. Le chant du rossignol nous réjouit naturellement, parce que nous entendons un animal, dans son inconscience naturelle, émettre des sons qui ressemblent à l'expression de sentiments humains. Ce qui nous réjouit donc ici, c'est l'imitation de l'humain par la nature. »
Hegel
Thèse principale : On peut dire qu'en voulant rivaliser avec la nature, l'art restera au-dessous.

accepter l'imprévu et trouver la paix intérieure

justice nature
« C'est une pensée consolatrice que d'espérer une compensation des souffrances endurées, et nous l'exigeons de la justice ; il nous faut pourtant nous habituer à ne pas éprouver comme une injustice tout ce qui advient contre notre attente ; il faut que nous nous habituions à nous comprendre dans une plus grande dépendance vis-à-vis de la nature. L'enchevêtrement de nos conditions politiques et civiles ainsi que l'inégalité des modes de vie et des biens de fortune, ont non seulement augmenté la misère en tout genre, mais aussi notre susceptibilité et notre sensibilité. L'irritation, l'impatience accompagnent souvent les souffrances auxquelles notre nature nous expose, ainsi que notre mode de vie qui s'écarte si souvent de celle-ci. Cette impatience provient de ce que nous exigeons que tout se déroule selon nos désirs, et de ce que nous éprouvons nos malheurs comme une injustice. »
Hegel
Thèse principale : Nous devons nous habituer à la nature et accepter les choses qui nous arrivent comme une loi naturelle.

l'art comme éveil de la conscience

« Le sensible dans l'art ne concerne que ceux de nos sens qui sont intellectualisés : la vue et l'ouïe, à l'exclusion de l'odorat, du goût et du toucher. Car l'odorat, le goût et le toucher n'ont affaire qu'à des éléments matériels et à leurs qualités immédiatement sensibles, l'odorat à l'évaporation de particules matérielles dans l'air, le goût à la dissolution de particules matérielles, le toucher au froid, au chaud, au lisse, etc. Ces sens n'ont rien à faire avec les objets de l'art qui doivent se maintenir dans une réelle indépendance et ne pas se borner à offrir des relations sensibles. Ce que ces sens trouvent agréable n'est pas le beau que connaît l'art. C'est donc à dessein que l'art crée un royaume d'ombres, de formes, de tonalités, d'intuitions ; ces formes et ces tonalités sensibles, l'art ne les fait pas seulement intervenir pour elles-mêmes et sous leur apparence immédiate, mais encore afin de satisfaire des intérêts spirituels supérieurs, parce qu'ils sont capables de faire naître une résonance dans les profondeurs de la conscience, un écho dans l'esprit. »
Hegel
Thèse principale : Le beau est une expérience intellectuelle et non physique

l'art comme discipline et connaissance

Introduction à l'esthétique
art technique
« Ce qu'on ne doit pas perdre de vue, c'est que le génie, pour être fécond, doit posséder une pensée disciplinée et cultivée, et un exercice plus ou moins long. Et cela, parce que l'œuvre d'art présente un côté purement technique dont on n'arrive à se rendre maître que par l'exercice. Ceci est plus particulièrement vrai des arts qui comportent une dextérité manuelle, par laquelle ils se rapprochent plus ou moins des métiers manuels. Tel est le cas de l'architecture et de la sculpture, par exemple. La dextérité manuelle est moins nécessaire en musique et en poésie. Mais, même dans celle-ci, il y a tout un côté qui demande, sinon un apprentissage, tout au moins une certaine expérience : l'art de rimer constitue le côté technique de la poésie, et ce n'est pas par l'inspiration qu'on en acquiert la connaissance. Tout art s'exerce sur une matière plus ou moins dense, plus ou moins résistante, qu'il s'agit d'apprendre à maîtriser. D'autre part, l'artiste doit connaître d'autant mieux les profondeurs de l'âme et de l'esprit humain que le rang qu'il ambitionne est plus élevé. Or, cette connaissance ne s'acquiert pas non plus d'une façon directe, mais à la suite d'une étude du monde extérieur et du monde intérieur. Et c'est cette étude qui lui fournit les sujets de ces représentations. »
Hegel, Introduction à l'esthétique
Thèse principale : Ce qu'on ne doit pas perdre de vue, c'est que pour être fécond, le génie doit posséder une pensée disciplinée.

la conquête de la liberté à travers la société et l'état

« Parmi les erreurs qui passent pour des vérités établies et sont devenues des préjugés, nous rencontrons d'abord l'opinion que l'homme est libre naturellement, mais que dans la société, et dans l'État où il entre nécessairement en même temps, il doit restreindre cette liberté naturelle […] En ce sens on admet un état de nature où l'homme est représenté en possession de ses droits naturels dans l'exercice illimité de sa liberté. Mais la liberté n'est pas comme un état immédiat et naturel, elle doit bien plutôt être acquise et conquise, et certes, grâce à une intervention infinie de l'éducation du savoir et du vouloir. C'est pourquoi l'état de nature est plutôt celui de l'injustice, de la violence, de l'instinct naturel indompté, des actions et des sentiments inhumains. La société et l'État imposent assurément des bornes, limitent ces sentiments informes et ces instincts grossiers […]. Mais cette limitation est la condition même d'où sortira la délivrance ; et l'État comme la société sont les conditions dans lesquelles bien plutôt la liberté se réalise. »
Hegel
Thèse principale : l'homme est libre naturellement, mais il doit restreindre cette liberté dans la société et l'état

la formation de l'artiste : entre talent naturel et travail réfléchi

art technique
« Même si le talent et le génie de l'artiste comportent un moment naturel, ce moment n'en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu'il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu'un savoir-faire exercé et assuré dans l'exécution. Car l'un des aspects principaux de cette production est malgré tout un travail extérieur, dès lors que l'œuvre d'art a un côté purement technique qui confine à l'artisanal surtout en architecture et en sculpture, un peu moins en peinture et en musique, et dans une faible mesure encore en poésie. Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n'est pas l'inspiration qui peut être d'un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l'application et une pratique assidue. Or il se trouve qu'un tel savoir-faire est indispensable à l'artiste s'il veut se rendre maître du matériau extérieur et ne pas être gêné par son âpre résistance. »
Hegel
Thèse principale : L'artiste doit se former et s'éduquer pour créer une œuvre artistique effective.

l'art comme révélateur de la vérité humaine

Esthétique
art conscience
« L'art nous procure, d'une part, l'expérience de la vie réelle, nous transporte dans des situations que notre expérience personnelle ne nous fait pas et ne nous fera peut-être jamais connaître les expériences des personnes qu'il représente, et, grâce à la part que nous prenons à ce qui arrive à ces personnes, nous devenons capables de ressentir plus profondément ce qui se passe en nous-mêmes. D'une façon générale, le but de l'art consiste à rendre accessible à l'intuition ce qui existe dans l'esprit humain, la vérité que l'homme abrite dons son esprit, ce qui remue la poitrine humaine et agite l'esprit humain. C'est ce que l'art a pour tâche de représenter, et il le fait au moyen de l'apparence qui, comme telle, nous est indifférente, dès l'instant où elle sert à éveiller en nous le sentiment et la conscience de quelque chose de plus élevé. C'est ainsi que l'art renseigne l'homme sur l'humain, éveille des sentiments endormis, nous met en présence des vrais intérêts de l'esprit. Nous voyons ainsi que l'art agit en remuant, dans leur profondeur, leur richesse et leur variété, tous les sentiments qui s'agitent dans l'âme humaine, et en intégrant dans le champ de notre expérience ce qui se passe dans les régions intimes de cette âme. »
Hegel, Esthétique
Thèse principale : L'art nous renseigne sur l'humain.

la beauté comme lien entre religion, philosophie et art

« Le beau intervient dans toutes les circonstances de notre vie ; il est le génie (1) amical que nous rencontrons partout. En cherchant seulement autour de nous où et comment, sous quelle forme, il se présente à nous, nous trouvons qu'il se rattachait jadis par les liens les plus intimes à la religion et à la philosophie. Nous trouvons notamment que l'homme s'est toujours servi de l'art comme d'un moyen de prendre conscience des idées et des intérêts les plus élevés de son esprit. Les peuples ont déposé leurs conceptions les plus hautes dans les productions de l'art, les ont exprimées et en ont pris conscience par le moyen de l'art. La sagesse et la religion sont concrétisées dans des formes créées par l'art qui nous livre la clef grâce à laquelle nous sommes à même de comprendre la sagesse et la religion de beaucoup de peuples. Dans beaucoup de religions, l'art a été le seul moyen dont l'idée née dans l'esprit s'était servie pour devenir objet de représentation. »
Hegel
Thèse principale : Le beau intervient partout et est la conscience spirituelle universelle.

l'inaliénabilité de la personnalité, de la moralité et de la religion

Propédeutique philosophique
conscience liberté
« Ne sont aliénables que les biens qui, par nature, sont déjà susceptibles d'être extériorisés. Ainsi je ne puis considérer la personnalité comme une chose qui me soit extérieure, car dans la mesure où quelqu'un s'est démis de sa personnalité, il s'est réduit lui-même à l'état de simple chose. Pareille aliénation serait nulle et non avenue. - Un homme aliènerait sa moralité s'il prenait, par exemple, l'engagement vis-à-vis d'un autre homme d'accomplir sur son ordre tous comportements possibles, tant criminels qu'indifférents. Un tel engagement serait sans force, car il concerne la liberté du vouloir, c'est-à-dire ce dont chacun est pour lui-même responsable. Moraux ou immoraux, les actes sont les comportements propres de celui qui les accomplit, et telle est leur nature que je ne puisse les aliéner. - Je ne puis davantage aliéner ma religion. Si une communauté ou même un individu avait abandonné à un tiers le soin de décider de ce que doit être sa croyance, ce serait là un engagement que chacun pourrait rompre unilatéralement, sans commettre aucune injustice à l'égard de ce tiers, puisque ce que je lui aurais abandonné ne pouvait, en aucun cas, devenir sa propriété. »
Hegel, Propédeutique philosophique
Thèse principale : Ne sont aliénables que les biens qui, par nature, sont déjà susceptibles d'être extériorisés.

l'imagination créatrice et la vérité de l'art

Esthétique
art vérité
« En ce qui concerne tout d'abord le pouvoir général de création artistique, on doit, une fois ce pouvoir admis, voir dans l'imagination la faculté artistique la plus importante. On doit cependant se garder de confondre l'imagination créatrice avec imagination purement passive. Nous donnerons à l'imagination créatrice le nom de fantaisie. […] La fantaisie ne s'en tient pas à la simple appréhension de la réalité extérieure et intérieure, car l'œuvre d'art n'est pas seulement une révélation de l'esprit s'incarnant dans des formes extérieures, mais ce qu'elle doit exprimer avant tout, c'est la vérité et la rationalité du réel représenté. Cette rationalité du sujet choisi par l'artiste ne doit pas seulement être présente dans sa conscience et le stimuler, mais il doit, à force de réflexion, en avoir entrevu le fond de vérité et le caractère essentiel. Car sans la réflexion, l'homme ne peut avoir conscience de ce qui se passe en lui, et ce qui nous frappe justement dans une grande œuvre d'art, c'est le fait, facile à constater, que son sujet a été longuement médité et n'a été réalisé qu'après avoir été retourné sur toutes ses faces et examiné mentalement sous tous ses aspects. Une fantaisie légère ne produit jamais une œuvre durable. »
Hegel, Esthétique
Thèse principale : L'imagination créatrice est la faculté artistique la plus importante.

l'histoire, une leçon ignorée

« On recommande aux rois, aux hommes d'État, aux peuples de s'instruire principalement par l'expérience de l'histoire. Mais l'expérience et l'histoire nous enseignent que peuples et gouvernements n'ont jamais rien appris de l'histoire, qu'ils n'ont jamais agi suivant les maximes (1) qu'on aurait pu en tirer. Chaque époque, chaque peuple se trouve dans des conditions si particulières, forme une situation si particulière, que c'est seulement en fonction de cette situation unique qu'il doit se décider : les grands caractères sont précisément ceux qui, chaque fois, ont trouvé la solution appropriée. Dans le tumulte des événements du monde, une maxime générale est d'aussi peu de secours que le souvenir des situations analogues qui ont pu se produire dans le passé, car un pâle souvenir est sans force dans la tempête qui souffle sur le présent ; il n'a aucun pouvoir sur le monde libre et vivant de l'actualité. Ce qui façonne l'histoire est d'une tout autre nature que les réflexions tirées de l'histoire. Nul cas ne ressemble exactement à un autre. Leur ressemblance fortuite n'autorise pas à croire que ce qui a été bien dans un cas pourrait l'être également dans un autre. Chaque peuple a sa propre situation, et pour savoir ce qui, à chaque fois, est juste, nul besoin de commencer par s'adresser à l'histoire. »
Hegel
Thèse principale : Chaque situation est unique et une maxime générale n'est d'aucun secours.

l'indépendance du droit par rapport à l'intention, à la justification et à la disposition d'esprit

Propédeutique philosophique
devoir justice
« Le droit ne dépend pas de l'intention qu'on a en agissant. On peut faire quelque chose avec une excellente intention, la conduite n'est pas pour autant justifiée, mais peut être, sans qu'on y prenne garde, contraire au droit. D'autre part, une conduite, par exemple l'affirmation de ma propriété, peut être juridiquement tout à fait justifiée et faire place cependant à une intention méchante, dans la mesure où il ne s'agit pas seulement pour moi de défendre mon droit, mais bien plutôt de nuire à autrui. Sur le droit comme tel cette intention n'a aucune influence. Le droit n'a rien à voir avec la conviction que ce que j'ai à faire soit juste ou injuste. Tel est particulièrement le cas en ce qui concerne la punition. On tâche sans doute de persuader le criminel qu'il est puni à bon droit. Mais qu'il en soit ou non convaincu ne change rien au droit qu'on lui applique. Enfin le droit ne dépend non plus en rien de la disposition d'esprit dans laquelle un acte est accompli. Il arrive très souvent qu'on agisse de façon correcte par simple crainte de la punition, ou parce qu'on a peur de n'importe quelle autre conséquence désagréable, telle que perdre sa réputation ou son crédit. Il se peut aussi qu'en agissant selon le droit on songe à la récompense qu'on obtiendra ainsi dans une autre vie. Le droit comme tel est indépendant de ces dispositions d'esprit. »
Hegel, Propédeutique philosophique
Thèse principale : Le droit ne dépend pas du but que l'on a en agissant.

l'autonomie de la volonté face aux circonstances

Propédeutique philosophique
« On dit volontiers : mon vouloir a été déterminé par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. La formule implique d'emblée que je me sois ici comporté de façon passive. Mais, en vérité, mon comportement n'a pas été seulement passif ; il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est mon vouloir qui a assumé telles circonstances à titre de mobiles, qui les fait valoir comme mobiles. Il n'est ici aucune place pour la relation de causalité. Les circonstances ne jouent point le rôle de causes et mon vouloir n'est pas l'effet de ces circonstances. La relation causale implique que ce qui est contenu dans la cause s'ensuive nécessairement. Mais, en tant que réflexion, je puis dépasser toute détermination posée par les circonstances. Dans la mesure où l'homme allègue qu'il a été entraîné par des circonstances, des excitations, etc., il entend par là rejeter, pour ainsi dire, hors de lui-même sa propre conduite, mais ainsi il se réduit tout simplement à l'état d'essence non libre ou naturelle, alors que sa conduite, en vérité, est toujours sienne, non celle d'un autre ni l'effet de quelque chose qui existe hors de lui. Les circonstances ou mobiles n'ont jamais sur les hommes que le pouvoir qu'ils leur accordent eux-mêmes. »
Hegel, Propédeutique philosophique
Thèse principale : Mon vouloir a été déterminé par mes mobiles, circonstances et impulsions. Mon comportement n'a pas été passif ; il a été actif aussi.

l'inspiration artistique : se laisser posséder par la chose

Esthétique
art liberté
« La stimulation à la production peut venir tout à fait du dehors, et la seule condition importante que l'artiste ait à remplir, c'est d'y porter un intérêt essentiel et qu'il fasse vivre le sujet en lui. C'est alors que l'inspiration du génie vient toute seule. Et un artiste vraiment vivant trouve justement dans cette vie qui l'anime des stimulants d'activité et des sources d'inspiration devant lesquels les autres passent sans les apercevoir. Si maintenant nous nous demandons en quoi consiste l'inspiration artistique comme telle, la seule réponse possible sera celle-ci : elle est obsédée par la chose, elle y est présente, elle ne connaît pas de repos tant qu'elle n 'a pas reçu une forme artistique et achevée. Mais lorsque l'artiste s'est ainsi identifié avec l'objet, il doit savoir oublier sa propre particularité subjective et tout ce qu'elle a de contingent et d' accidentel, pour se plonger entièrement dans son sujet ; il ne doit plus pour ainsi dire être que la forme façonnant le contenu qui s'est emparé de lui. Une inspiration qui laisse à l'artiste la liberté de se mettre en avant et de se faire valoir, au lieu d'être l'organe de l'activité créatrice toute concentrée sur la chose, est une mauvaise inspiration. »
Hegel, Esthétique
Thèse principale : La stimulation à la production peut venir du dehors et l'artiste doit s'y intéresser et faire vivre le sujet en lui pour inspirer.

l'art et la technique : une alliance nécessaire pour le génie créatif

Introduction à l'esthétique
art technique
« Le génie et le talent sont, du moins sous un certain aspect, des dons naturels. Mais ce qu'on ne doit pas perdre de vue, c'est que le génie, pour être fécond, doit posséder une pensée disciplinée et cultivée, et un exercice plus ou moins long. Et cela, parce que l'œuvre d'art présente un côté purement technique dont on n'arrive à se rendre maître que par l'exercice. Ceci est plus particulièrement vrai des arts qui comportent une dextérité manuelle, par laquelle ils se rapprochent plus ou moins des métiers manuels. Tel est le cas de l'architecture et de la sculpture, par exemple. La dextérité manuelle est moins nécessaire en musique et en poésie. Mais, même dans celle-ci, il y a tout un côté qui demande, sinon un apprentissage, tout au moins une certaine expérience : la prosodie (1) et l'art de rimer constituent le côté technique de la poésie, et ce n'est pas par l'inspiration qu'on en acquiert la connaissance. Tout art s'exerce sur une matière plus ou moins dense, plus ou moins résistante, qu'il s'agit d'apprendre à maîtriser. »
Hegel, Introduction à l'esthétique
Thèse principale : Le génie et le talent nécessitent une pensée cultivée et un exercice.

la liberté artistique : une source d'apaisement et de vie

Esthétique
« Ce qui nous plaît dans la beauté artistique, c'est précisément le caractère de liberté de sa production et de ses formes qui nous soustrait, semble-t-il, par la production et par l'intuition mêmes, aux liens de la règle et du réglé. Face à la rigueur de ce qui subit le joug des lois et face à la sombre intériorité de la pensée, nous cherchons l'apaisement et l'animation dans les figures de l'art ; face au royaume ténébreux des idées, une réalité animée et pleine de vie. Enfin, la source des œuvres d'art est la libre activité de l'imagination qui, dans ses images mêmes, est plus libre que la nature. Non seulement l'art dispose de l'entièreté du royaume des formes de la nature, dans leur paraître multiple et bigarré, mais l'imagination créatrice se montre inépuisable dans les productions qui lui sont propres. Face à cette plénitude démesurée de l'imagination et de ses libres réalisations, il semble donc que la pensée doive renoncer au projet hardi de saisir intégralement de pareilles réalisations, de les juger et de les ordonner sous ses formules universelles. […] Il est vrai qu'il y a des cas dans lesquels l'art peut être considéré comme un jeu éphémère destiné à l'amusement et à la distraction, comme un ornement qui sert à enjoliver l'aspect extérieur des rapports de la vie ou à mettre en relief, en les ornant, d'autres objets. Sous ce point de vue, il ne s'agit pas d'un art indépendant et libre, mais d'un art asservi. Mais ce que nous proposons d'étudier, c'est l'art libre dans sa fin et dans ses moyens. […] L'art beau n'est véritablement art qu'en cette liberté propre. »
Hegel, Esthétique
Thèse principale : Le caractère de liberté de la production et des formes artistiques nous plaît.

la quête de l'universel à travers la réflexion

Encyclopédie des sciences philosophiques
« Nous remarquons par exemple l'éclair et le tonnerre. Ce phénomène nous est bien connu et nous le percevons souvent. Cependant l'homme ne se satisfait pas de la simple familiarité avec ce qui est bien connu, du phénomène seulement sensible, mais il veut aller voir derrière celui-ci, il veut savoir ce qu'il est, il veut le concevoir. C'est pourquoi on réfléchit, on veut savoir la cause, comme quelque chose qui diffère du phénomène en tant que tel. […] Le sensible est quelque chose de singulier et de disparaissant ; l'élément durable en lui, nous apprenons à le connaître au moyen de la réflexion. La nature nous montre une multitude infinie de figures et de phénomènes singuliers ; nous éprouvons le besoin d'apporter de l'unité dans cette multiplicité variée ; c'est pourquoi nous faisons des comparaisons et cherchons à connaître l'universel qui est en chaque chose. Les individus naissent et périssent, le genre est en eux ce qui demeure, ce qui se répète en tout être, et c'est seulement pour la réflexion qu'il est présent. Sont concernées aussi les lois, par exemple les lois du mouvement des corps célestes. Nous voyons les astres aujourd'hui ici, et demain là-bas ; ce désordre est pour l'esprit quelque chose qui ne lui convient pas, dont il se méfie, car il a foi en un ordre, en une détermination simple, constante et universelle. C'est en ayant cette foi qu'il a dirigé sa réflexion sur les phénomènes et qu'il a connu leurs lois, fixé d'une manière universelle le mouvement des corps célestes de telle sorte qu'à partir de cette loi tout changement de lieu se laisse déterminer et connaître. […] De ces exemples on peut conclure que la réflexion est toujours à la recherche de ce qui est fixe, permanent, déterminé en soi-même, et de ce qui régit le particulier. Cet universel ne peut être saisi avec les sens et il vaut comme ce qui est essentiel et vrai. »
Hegel, Encyclopédie des sciences philosophiques
Thèse principale : La réflexion recherche ce qui est fixe et permanent, l'universel essentiel et vrai.

l'art, libérateur des passions et des instincts

« La sauvagerie, force et puissance de l'homme dominé par les passions, […] peut être adoucie par l'art, dans la mesure où celui-ci représente à l'homme les passions elles-mêmes, les instincts et, en général, l'homme tel qu'il est. Et en se bornant à dérouler le tableau des passions, l'art, alors même qu'il les flatte, le fait pour montrer à l'homme ce qu'il est, pour l'en rendre conscient. C'est déjà en cela que consiste son action adoucissante, car il met ainsi l'homme en présence de ses instincts, comme s'ils étaient en dehors de lui, et lui confère de ce fait une certaine liberté à leur égard. Sous ce rapport, on peut dire de l'art qu'il est un libérateur. Les passions perdent leur force, du fait même qu'elles sont devenues objets de représentations, objets tout court. L'objectivation des sentiments a justement pour effet de leur enlever leur intensité et de nous les rendre extérieurs, plus ou moins étrangers. Par son passage dans la représentation, le sentiment sort de l'état de concentration dans lequel il se trouvait en nous et s'offre à notre libre jugement. Il en est des passions comme de la douleur : le premier moyen que la nature met à notre disposition pour obtenir un soulagement d'une douleur qui nous accable, sont les larmes ; pleurer, c'est déjà être consolé. Le soulagement s'accentue ensuite au cours de conversations avec des amis, et le besoin d'être soulagé et consolé peut nous pousser jusqu'à composer des poésies. C'est ainsi que dès qu'un homme qui se trouve plongé dans la douleur et absorbé par elle est à même d'extérioriser cette douleur, il s'en sent soulagé, et ce qui le soulage encore davantage, c'est son expression en paroles, en chants, en sons et en figures. Ce dernier moyen est encore plus efficace. »
Hegel
Thèse principale : L'art libère l'homme en représentant ses passions et sentiments, ce qui les rend extérieurs et nous permet une liberté à leur égard.

Esthétique
art conscience
« [L'art] nous procure […] l'expérience de la vie réelle, nous transporte dans des situations que notre expérience personnelle ne nous fait pas et ne nous fera peut-être jamais connaître : les expériences des personnes qu'il représente, et, grâce à la part que nous prenons à ce qui arrive à ces personnes, nous devenons capables de ressentir plus profondément ce qui se passe en nous-même. D'une façon générale, le but de l'art consiste à rendre accessible à l'intuition ce qui existe dans l'esprit humain, la vérité que l'homme abrite dans son esprit, ce qui remue la poitrine humaine et agite l'esprit humain. C'est ce que l'art a pour tâche de représenter, et il le fait au moyen de l'apparence qui, comme telle, nous est indifférente, dès l'instant où elle sert à éveiller en nous le sentiment et la conscience de quelque chose de plus élevé. C'est ainsi que l'art renseigne l'homme sur l'humain, éveille des sentiments endormis, nous met en présence des vrais intérêts de l'esprit. Nous voyons ainsi que l'art agit en remuant, dans leur profondeur, leur richesse et leur variété, tous les sentiments qui s'agitent dans l'âme humaine, et en intégrant dans le champ de notre expérience ce qui se passe dans les régions intimes de cette âme. “Rien de ce qui est humain ne m'est étranger” : telle est la devise qu'on peut appliquer à l'art. »
Hegel, Esthétique
Thèse principale : L'art nous donne la possibilité d'expérimenter des situations réelles, de ressentir profondément ce qui se passe en nous.

la formation de l'artiste : entre talent naturel et savoir-faire technique

Esthétique
art travail
« L'idée essentielle qu'il nous faut noter est que, même si le talent et le génie de l'artiste comportent un moment naturel, ce moment n'en demande pas moins essentiellement à être formé et éduqué par la pensée, de même qu'il nécessite une réflexion sur le mode de sa production ainsi qu'un savoir-faire exercé et assuré dans l'exécution. Car l'un des aspects principaux de cette production est malgré tout un travail extérieur, dès lors que l'œuvre d'art a un côté purement technique qui confine à l'artisanal, surtout en architecture et en sculpture, un peu moins en peinture et en musique, et dans une faible mesure encore en poésie. Pour acquérir en ce domaine un parfait savoir-faire, ce n'est pas l'inspiration qui peut être d'un quelconque secours, mais seulement la réflexion, l'application et une pratique assidue. Or il se trouve qu'un tel savoir-faire est indispensable à l'artiste s'il veut se rendre maître du matériau extérieur et ne pas être gêné par son âpre résistance. »
Hegel, Esthétique (1837)
Thèse principale : « L'artiste a besoin d'un travail extérieur pour maîtriser ses compétences techniques. »

l'art comme révélateur de l'âme

Esthétique
« Devant une œuvre d'art, nous commençons par ce qui nous est présenté directement, et nous ne nous demandons qu'ensuite quelle est sa signification et quel est son contenu. Ce que nous voyons extérieurement n'a pas pour nous une valeur directe : nous lui attribuons un intérieur, une signification qui anime son apparence extérieure. Nous lui attribuons une âme que son extérieur nous laisse deviner. Une apparence, en effet, qui signifie quelque chose ne représente pas elle-même et ce qu'elle est extérieurement, mais quelque chose d'autre, comme le fait le symbole, par exemple, et, mieux encore, la fable qui reçoit sa signification de la moralité qu'elle implique. On peut même dire que chaque mot implique une signification et ne vaut pas par lui-même. De même l'œil humain, le visage, la chair, la peau, toute la structure de l'homme laissent transparaître un esprit, une âme, et partout et toujours la signification se rapporte à quelque chose qui dépasse l'apparence directe. C'est en ce sens qu'on peut parler de la signification de l'œuvre d'art : elle ne s'épuise pas tout entière dans les lignes, les courbes, les surfaces, les creux et les entailles de la pierre, dans les couleurs, les sons, les combinaisons harmonieuses des mots, etc., mais constitue l'extériorisation de la vie, des sentiments, de l'âme, d'un contenu de l'esprit, et c'est en cela que consiste sa signification. »
Hegel, Esthétique (1829)
Thèse principale : Une œuvre d'art a une signification qui dépasse son apparence directe.

révéler l'essence de l'âme à travers l'art

Esthétique
art vérité
« Eveiller l'âme : tel est, dit-on, le but final de l'art, tel est l'effet qu'il doit chercher à obtenir. C'est de cela que nous avons à nous occuper en premier lieu. En envisageant le but final de l'art sous ce dernier aspect, en nous demandant notamment quelle est l'action qu'il doit exercer, qu'il peut exercer et exerce effectivement, nous constatons aussitôt que le contenu de l'art comprend tout le contenu de l'âme et de l'esprit, que son but consiste à révéler à l'âme tout ce qu'elle recèle d'essentiel, de grand, de sublime, de respectable et de vrai. Il nous procure, d'une part, l'expérience de la vie réelle, il nous transporte dans des situations que notre expérience personnelle ne nous fait pas et ne nous fera peut-être jamais connaître, dans les expériences des personnes qu'il représente et, grâce à la part que nous prenons à ce qui arrive à ces personnes, nous devenons capables de ressentir plus profondément ce qui se passe en nous-mêmes. D'une façon générale, le but de l'art consiste à rendre accessible à l'intuition ce qui existe dans l'esprit humain, la vérité que l'homme abrite dans son esprit, ce qui remue la poitrine humaine et agite l'esprit humain. »
Hegel, Esthétique (1835)
Thèse principale : L'art doit éveiller l'âme en révélant son contenu essentiel et vrai.

l'exigence de l'expérience dans la connaissance

Prope?deutique philosophique
« La source premie?re de notre connaissance est l’expe?rience. Pour qu’il y ait expe?rience, il faut, absolument parlant, que nous ayons perc?u une chose elle-me?me. Mais on doit, en outre, distinguer perception et expe?rience. D’entre?e de jeu la perception ne contient qu’un unique objet qui est maintenant, de fac?on fortuite, ainsi constitue?, mais qui, une autre fois, peut e?tre autrement constitue?. Or, si je re?pe?te la perception et que, dans cette perception re?pe?te?e, je remarque et retienne fermement ce qui reste e?gal a? soi-me?me en toutes ces perceptions, c’est la? une expe?rience. L’expe?rience contient avant tout des lois, c'est-a?-dire une liaison entre deux phe?nome?nes telle que, si l’un est pre?sent, l’autre aussi suit toujours. Mais l’expe?rience ne contient que l’universalite? d’un tel phe?nome?ne, non la ne?cessite? de la corre?lation (1). L’expe?rience enseigne seulement qu’une chose est ainsi, c’est-a?-dire comme elle se trouve, ou donne?e, mais non encore les fondements ou le pourquoi. »
Hegel, Prope?deutique philosophique (1808-1811)
Thèse principale : La source première de notre connaissance est l'expérience.

l'état de nature : entre violence et ignorance du mal

Prope?deutique philosophique
« On de?crit souvent l’e?tat de nature comme un e?tat parfait de l’homme, en ce qui concerne, tant le bonheur que la bonte? morale. Il faut d’abord noter que l’innocence est de?pourvue, comme telle, de toute valeur morale, dans la mesure ou? elle est ignorance du mal et tient a? l’absence des besoins d’ou? peut nai?tre la me?chancete?. D’autre part, cet e?tat est bien pluto?t celui ou? re?gnent la violence et l’injustice, pre?cise?ment parce que les hommes ne s’y conside?rent que du seul point de vue de la nature. Or, de ce point de vue-la?, ils sont ine?gaux tout a? la fois quant aux forces du corps et quant aux dispositions de l’esprit, et c’est par la violence et la ruse qu’ils font valoir l’un contre l’autre leur diffe?rence. Sans doute, la raison appartient aussi a? l’e?tat de nature, mais c’est l’e?le?ment naturel qui a en lui pre?e?minence. Il est donc indispensable que les hommes e?chappent a? cet e?tat pour acce?der a? un autre e?tat, ou? pre?domine le vouloir raisonnable. »
Hegel, Prope?deutique philosophique (1808)
Thèse principale : « L'état naturel n'est pas parfait. Il est marqué par l'ignorance et la violence, et ne peut donner lieu à aucune valeur morale. »

Cours d’esthe?tique
« L'œuvre d’art vient donc de l’esprit et existe pour l’esprit, et sa supe?riorite? consiste en ce que si le produit naturel est un produit doue? de vie, il est pe?rissable, tandis qu’une œuvre d’art est une œuvre qui dure. La dure?e pre?sente un inte?re?t plus grand. Les e?ve?nements arrivent, mais, aussito?t arrive?s, ils s’e?vanouissent ; l’œuvre d’art leur confe?re de la dure?e, les repre?sente dans leur ve?rite? impe?rissable. L’inte?re?t humain, la valeur spirituelle d’un e?ve?nement, d’un caracte?re individuel, d’une action, dans leur e?volution et leurs aboutissements, sont saisis par l’œuvre d’art qui les fait ressortir d’une fac?on plus pure et transparente que dans la re?alite? ordinaire, non artistique. C’est pourquoi l’œuvre d’art est supe?rieure a? tout produit de la nature qui n’a pas effectue? ce passage par l’esprit. C’est ainsi que le sentiment et l’ide?e qui, en peinture, ont inspire? un paysage confe?rent a? cette œuvre de l’esprit un rang plus e?leve? que celui du paysage tel qu’il existe dans la nature. Tout ce qui est de l’esprit est supe?rieur a? ce qui existe a? l’e?tat naturel. »
Hegel, Cours d’esthe?tique (1835)
Thèse principale : L'œuvre d'art est supérieure à tout produit naturel car elle existe pour l'esprit et sa durée présente un intérêt plus grand.

la beauté comme fruit d'un long travail

Esthe?tique
« Il existe un pre?juge? tre?s re?pandu, d'apre?s lequel l'art aurait de?bute? par le simple et le naturel. Ceci peut e?tre vrai dans une certaine mesure, car, par rapport a? l'art, le grossier et le sauvage constituent le plus simple et le plus naturel. Mais le naturel, le vivant et le simple, tels que les conc?oit l'art, est tout autre chose. Les de?buts simples et naturels, au sens du grossier et du sauvage, n'ont rien a? voir avec l'art et la beaute?, comme n'ont rien d'artistique les figures simples dessine?es par les enfants, par exemple, qui, avec quelques traits informes, tracent une figure humaine, un cheval, etc. La beaute?, en tant qu'œuvre d'art, a besoin, de?s ses de?buts, d'une technique e?labore?e, exige de nombreux essais et un long exercice, et le simple, en tant que simplicite? du beau, la grandeur ide?ale, est pluto?t un re?sultat obtenu apre?s de nombreuses me?diations qui avaient pour but d'e?liminer la varie?te?, les exage?rations, les confusions, le malaise?, sans que cette victoire se ressente des travaux pre?liminaires, du travail de pre?paration et d'e?laboration, de fac?on que la beaute? surgisse dans toute sa liberte?, apparaisse comme faite d'une seule coule?e. Il en est ici comme de la conduite d'un homme cultive? qui, dans tout ce qu'il dit et fait, se montre tout a? fait simple, libre et naturel, alors que cette simplicite? et cette liberte? ne sont pas des choses qu'il a posse?de?es de tout temps, mais sont le re?sultat d'un long travail sur soi-me?me. »
Hegel, Esthe?tique (1835)
Thèse principale : L'art n'a pas commencé par le simple et le naturel, mais plutôt par le contraire : une simplicité exagérée ou sauvage. La beauté est un résultat obtenu après plusieurs méditations qui suppriment la variété, les excroissances et les confusions pour enfin surgir dans toute sa liberté.

l'activité de la volonté dans nos actions

Prope?deutique philosophique
« On dit volontiers : ma volonte? a e?te? de?termine?e par ces mobiles, circonstances, excitations et impulsions. La formule implique d'emble?e que je me suis ici comporte? de fac?on passive. Mais, en ve?rite?, mon comportement n'a pas e?te? seulement passif ; Il a e?te? actif aussi, et de fac?on essentielle, car c'est ma volonte? qui a assume? telles circonstances a? titre de mobiles, qui les fait valoir comme mobiles. Il n'est ici aucune place pour la relation de causalite?. Les circonstances ne jouent point le ro?le de cause et ma volonte? n'est pas l'effet de ces circonstances. La relation causale implique que ce qui est contenu dans la cause s'ensuive ne?cessairement. Mais, en tant qu'e?tre de re?flexion, je puis de?passer toute de?termination pose?e par les circonstances. Dans la mesure ou? l'homme alle?gue (1) qu'il a e?te? entrai?ne? par des circonstances, des excitations, etc., il entend par la? rejeter, pour ainsi dire, hors de lui-me?me sa propre conduite, mais ainsi il se re?duit tout simplement a? l'e?tat d'e?tre non-libre ou naturel, alors que sa conduite, en ve?rite?, est toujours sienne, non celle d'un autre ni l'effet de quelque chose qui existe hors de lui. Les circonstances ou mobiles n'ont jamais sur les hommes que le pouvoir qu'il leur accorde lui-me?me. »
Hegel, Prope?deutique philosophique (1811)
Thèse principale : La volonte est libre.

l'homme est son acte

La philosophie de l'histoire
« Pour ce qui concerne le rapport de la qualite? et de l'acte, on e?tablit souvent une distinction entre ce que sont les qualite?s de l’homme et ce que sont ses actes. Dans l'histoire cependant, cette diffe?rence est nulle, car l'homme est son acte. Il est lui- me?me la suite de ses actes. On s'imagine que l'intention ou le dessein pourraient e?tre excellents, quand bien me?me les actes devraient ne rien valoir. On fait ainsi une diffe?rence entre l'inte?rieur et l'acte. Assure?ment, il peut arriver, dans certains cas, que l'homme se dissimule et se montre autre qu'il n'est. Cependant c'est la? quelque chose de tout a? fait partiel, temporaire et borne? et qui ne peut valoir globalement. En ve?rite?, l'exte?rieur n'est pas distinct de l'inte?rieur, si bien qu'on e?tablit ces distinctions a? tort. La se?rie des actes n'est pas distincte de l'inte?rieur. L'histoire est ce qui est manifeste. Par conse?quent, toutes les argumentations subtiles sur les disjonctions momentane?es de l'inte?rieur et de l'exte?rieur s'e?vanouissent, en particulier dans l'histoire. C'est sa manie?re de proce?der, de conside?rer les actes des individus et des peuples. Ces actes repre?sentent ce que sont les peuples. »
Hegel, La philosophie de l'histoire (1822)
Thèse principale : L’homme est sa suite, c’est-à-dire ses actes.

Principes de la philosophie du droit
« Pour savoir ce qu’est une loi de la nature, il faut que nous ayons une connaissance de la nature, car ces lois sont exemptes d’erreur et ce sont seulement les repre?sentations que nous en avons qui peuvent e?tre fausses. La mesure de ces lois est en dehors de nous : notre connaissance n’y ajoute rien et ne les ame?liore pas. Il n’y a que la connaissance que nous en avons qui puisse s’accroi?tre. La connaissance du droit est, par certains co?te?s, semblable a? celle de la nature, mais, par d’autres co?te?s, elle ne l’est pas. Nous apprenons, en effet, a? connai?tre les lois du droit telles qu’elles sont donne?es. C’est plus ou moins de cette fac?on que le citoyen les connai?t et le juriste qui e?tudie le droit positif (1) s’en tient, lui aussi, a? ce qui est donne?. Toutefois la diffe?rence consiste en ceci que, dans le cas des lois du droit, intervient l’esprit de re?flexion et la diversite? de ces lois suffit a? nous rendre attentifs a? ce fait que ces lois ne sont pas absolues. Les lois du droit sont quelque chose de pose?, quelque chose qui provient de l’homme. La conviction inte?rieure peut entrer en conflit avec ces lois ou leur donner son adhe?sion. L’homme ne s’en tient pas a? ce qui est donne? dans l’existence, mais il affirme, au contraire, avoir en lui la mesure de ce qui est juste. Il peut sans doute e?tre soumis a? la ne?cessite? et a? la domination d’une autorite? exte?rieure, mais il ne l’est pas comme dans le cas de la ne?cessite? naturelle, car son inte?riorite? lui dit toujours comment les choses doivent e?tre, et c’est en lui- me?me qu’il trouve la confirmation ou la de?sapprobation de ce qui est en vigueur. Dans la nature, la ve?rite? la plus haute est qu’il y a une loi ; cela ne vaut pas pour les lois du droit ou? il ne suffit pas qu’une loi existe pour e?tre admise. »
Hegel, Principes de la philosophie du droit (1820)
Thèse principale : « La mesure des lois du droit est en nous : notre connaissance y ajoute quelque chose et peut l'améliorer. »

Propédeutique philosophique
On dit volontiers : mon vouloir a été déterminé par ces "mobiles", circonstances, excitations et impulsions. La formule implique d'emblée (1) que je me sois ici comporté de façon passive. Mais, en vérité, mon comportement n'a pas été seulement passif ; il a été actif aussi, et de façon essentielle, car c'est mon vouloir qui a assumé telles circonstances à titre de mobiles, qui les fait valoir comme mobiles. Il n'est ici aucune place pour la relation de causalité. Les circonstances ne jouent point le rôle de causes et mon vouloir n'est pas l'effet de ces circonstances. La relation causale implique que ce qui est contenu dans la cause s'ensuive nécessairement. Mais, en tant que réflexion, je puis dépasser toute détermination posée par les circonstances. Dans la mesure où l'homme allègue (2) qu'il a été entraîné par des circonstances, des excitations, etc., il entend par là rejeter, pour ainsi dire, hors de lui-même sa propre conduite, mais ainsi il se réduit tout simplement à l'état d'essence non-libre ou naturelle, alors que sa conduite, en vérité, est toujours sienne, non celle d'un autre ni l'effet de quelque chose qui existe hors de lui. Les circonstances ou mobiles n'ont jamais sur les hommes que le pouvoir qu'il leur accorde lui-même.
Hegel, Propédeutique philosophique, 1809-1811
(1) “D'emblée” : immédiatement ; (2) “Allègue” : prétend, soutient
Thèse principale : Mon vouloir est actif et détermine les circonstances comme mobiles. Les circonstances ne sont pas des causes et mon vouloir n'est pas leur effet. La relation causale implique que la cause a un résultat nécessaire, mais en tant que réflexion, je peux dépasser toute détermination posée par les circonstances.

L'art est une manifestation sensible de l'Esprit absolu

L'art
Majeure
L'Esprit absolu se manifeste dans le sensible pour se connaître
Mineure
L'art donne une forme sensible aux idées les plus élevées
Conclusion
Donc l'art est une manifestation sensible de l'Esprit absolu

La conscience est un processus dialectique d'autoréalisation

La conscience
Majeure
L'Esprit se réalise par la négation de ses contradictions
Mineure
La conscience suit ce mouvement dialectique
Conclusion
Donc la conscience est un devenir dialectique

Le devoir est la réalisation de la liberté concrète

Le devoir
Majeure
La liberté concrète se réalise dans les institutions
Mineure
Le devoir est l'expression de ces institutions
Conclusion
Donc le devoir actualise la liberté

La justice est la réalisation de la liberté dans le droit

La justice
Majeure
La liberté se réalise dans les institutions
Mineure
Le droit objective la liberté
Conclusion
Donc la justice actualise la liberté

La liberté se réalise dans l'État rationnel

La liberté
Majeure
La liberté s'objective dans les institutions
Mineure
L'État est l'institution suprême
Conclusion
Donc la liberté s'accomplit dans l'État

La nature est l'Idée dans son altérité

La nature
Majeure
L'Esprit s'aliène dans la nature
Mineure
Cette aliénation est nécessaire
Conclusion
Donc la nature est moment dialectique

La raison est le réel et le réel est rationnel

La raison
Majeure
Le réel se développe dialectiquement
Mineure
Ce développement est celui de la raison
Conclusion
Donc la raison est le mouvement du réel

La religion est l'Esprit se représentant

La religion
Majeure
L'Esprit se développe dialectiquement
Mineure
La religion en est un moment
Conclusion
Donc la religion est représentation

Le travail est négation médiatrice

Le travail
Majeure
Le travail transforme nature et conscience
Mineure
Cette transformation est dialectique
Conclusion
Donc le travail est dialectique

La vérité est le tout

La vérité
Majeure
La vérité se développe dialectiquement
Mineure
Ce développement est totalité
Conclusion
Donc la vérité est totalité

L'État est la réalisation de l'Esprit objectif

L'État
Majeure
L'Esprit se réalise dans les institutions
Mineure
L'État est l'institution suprême
Conclusion
Donc l'État est la plus haute réalisation de l'Esprit
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Assistant Philosophique
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