Freud

Freud

1856;1939
Inconscient;Complexe d'Œdipe;Rêves
Sigmund Freud, neurologue et psychanalyste autrichien, est le fondateur de la psychanalyse, explorant l'inconscient et la sexualité humaine.

Biographie

Sigmund Freud, neurologue et psychanalyste autrichien, est le fondateur de la psychanalyse, explorant l'inconscient et la sexualité humaine.

Courant philosophique

Psychologie

Ce courant de pensée se caractérise par une approche spécifique des questions philosophiques fondamentales.

Approche philosophique

Psychanalyse

Contexte historique

Freud émerge dans une Europe en mutation, particulièrement au sein de l'Empire austro-hongrois où les tensions politiques, le nationalisme et l'antisémitisme s'intensifient. Son époque est marquée par l'industrialisation, l'urbanisation et des transformations sociales profondes, notamment dans les structures familiales traditionnelles.

La Première Guerre mondiale influence particulièrement sa réflexion sur les pulsions destructrices de l'humanité. Sa pensée se développe à l'intersection de plusieurs courants : le positivisme scientifique, l'évolutionnisme darwinien et la philosophie de Schopenhauer et Nietzsche.
En dialogue constant avec la neurologie et la psychiatrie de son temps, il cherche à établir une base scientifique pour comprendre le psychisme humain. Sa théorie évolue depuis ses premières recherches sur l'hystérie jusqu'à l'élaboration de concepts fondamentaux comme l'inconscient, le complexe d'Œdipe, et les deux topiques (conscient/préconscient/inconscient, puis ça/moi/surmoi).
La psychanalyse freudienne, qui se déploie notamment dans "L'interprétation des rêves" (1900) et "Malaise dans la civilisation" (1930), propose une vision de l'être humain comme fondamentalement divisé et gouverné par des forces inconscientes.
Cette approche, qui combine méthode thérapeutique et exploration de la psyché, a profondément influencé la culture, l'art et la pensée du 20e siècle, dépassant largement le cadre de la psychologie clinique.

Pour réussir au bac avec Freud

Pour mobiliser efficacement cet auteur dans vos dissertations :

  • Maîtrisez ses concepts clés et sa démarche philosophique
  • Mémorisez quelques citations pertinentes pour illustrer ses idées
  • Comprenez la cohérence globale de sa pensée et son évolution
  • Identifiez ses apports majeurs à l'histoire de la philosophie
  • Établissez des liens avec d'autres philosophes pour une approche comparative
Ce qui caractérise l’illusion, c’est d’être dérivée des désirs humains.
inconscient
Selon Freud, l”inconscient est la source de nos désirs et de nos illusions. Selon lui, les désirs inconscients sont à l”origine de nos pensées, sentiments et comportements. Dans cette citation, il souligne que les illusions sont directement liées aux désirs humains, ce qui signifie qu”elles sont souvent inconscientes ou non conscientes.
Le moi n’est pas seulement maître dans sa propre maison.
inconscient
Selon Freud, l”inconscient règle nos comportements et pensées sans que nous en ayons conscience. La phrase "Le moi n”est pas seulement maître dans sa propre maison" signifie que notre inconscient dirige souvent nos actions, même si nous croyons être les maîtres de nos décisions.
Le rêve est le gardien du sommeil
conscience
Selon Freud, le rêve est une forme de conscience qui veille au seuil entre le conscient et l”inconscient. Le rêve "garde" le sommeil, c”est-à-dire qu”il assure la transition entre la vigilance et le réveil, en intégrant les éléments inconscients dans le processus de formation des idées.
Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons qu’échanger une chose contre une autre.
bonheur
Selon Freud, nous sommes esclaves de nos désirs et ne pouvons pas renoncer à eux. Au contraire, nous essayons d”échanger l”un contre l”autre, créant ainsi un jeu infini de satisfactions et de frustrations. La quête du bonheur est ainsi vouée à l”insatisfaction.
Le premier être humain à avoir décoché à son ennemi une insulte plutôt qu’une flèche est le fondateur de la civilisation.
nature
Selon Freud, l”homme qui a préféré lancer une injure à un adversaire plutôt que projetter une flèche a créé la base de la civilisation. Cette citation soulève la question du passage de la violence physique à la violence verbale, et met en avant l”importance du langage dans l”établissement des sociétés.
La religion serait la névrose obsessionnelle universelle de l’humanité.
religion
Selon Freud, la religion est une forme de névrose collective qui permet aux humains de maîtriser leurs anxiétés et inquiétudes face à la mort, la souffrance et le chaos. Il la compare à une "névrose obsessionnelle universelle" car elle génère des rituels, des croyances et des pratiques pour apaiser ces peurs.

les limites de la religion face à la vérité scientifique

religion vérité
« On peut alors demander : pourquoi la religion ne met-elle pas un terme à ce combat sans espoir pour elle en déclarant franchement : “c'est exact que je ne peux pas vous donner ce qu'on appelle d'une façon générale la vérité ; pour cela, il faut vous en tenir à la science. Mais ce que j'ai à donner est incomparablement plus beau, plus consolant et plus exaltant que tout ce que vous pouvez recevoir de la science. Et c'est pour cela que je vous dis que c'est vrai, dans un autre sens plus élevé”. La réponse est facile à trouver. La religion ne peut pas faire cet aveu, car elle perdrait ainsi toute influence sur la masse. L'homme commun ne connaît qu'une vérité, au sens commun du mot. Ce que serait une vérité plus élevée ou suprême, il ne peut se le représenter. La vérité lui semble aussi peu susceptible de gradation que la mort, et il ne peut suivre le saut du beau au vrai. Peut-être pensez-vous avec moi qu'il fait bien ainsi. »
Freud
Thèse principale : La religion ne peut pas dire à la masse que ce qu'elle offre est plus beau et consolant que la science.

les limites de l'instinct et la nécessité de la civilisation

liberté bonheur
« Nous venons de parler de l'hostilité contre la civilisation, engendrée par la pression que celle-ci exerce, par les renonciations aux instincts qu'elle exige. S'imagine-t-on toutes ses interdictions levées, alors on pourrait s'emparer de toute femme qui vous plairait, sans hésiter, tuer son rival ou quiconque vous barrerait le chemin, ou bien dérober à autrui, sans son assentiment, n'importe lequel de ses biens ; que ce serait donc beau et quelle série de satisfactions nous offrirait alors la vie ! Mais la première difficulté se laisse à la vérité vite découvrir. Mon prochain a exactement les mêmes désirs que moi et il ne me traitera pas avec plus d'égards que je ne le traiterai moi même. Au fond, si les entraves dues à la civilisation étaient brisées, ce n'est qu'un seul homme qui pourrait jouir d'un bonheur illimité, un tyran, un dictateur ayant monopolisé tous les moyens de coercition, et alors lui-même aurait raison de souhaiter que les autres observassent du moins ce commandement culturel : tu ne tueras point. »
Freud
Thèse principale : Si l'hostilité contre la civilisation était levée, nous pourrions tous nous emparer des choses qui nous plaisent sans aucune restriction. Cependant, cela ne fonctionnerait qu'avec un seul tyran en possession de tous les moyens de coercition.

les fonctions de la religion dans la vie humaine

religion science
« Si on veut se rendre compte de l'essence grandiose de la religion, il faut se représenter ce qu'elle entreprend d'accomplir pour les hommes. Elle les informe sur l'origine et la constitution du monde, elle leur assure protection et un bonheur fini dans les vicissitudes de la vie, elle dirige leurs opinions et leurs actions par des préceptes qu'elle soutient de toute son autorité. Elle remplit donc trois fonctions. Par la première, elle satisfait le désir humain de savoir, elle fait la même chose que ce que la science tente avec ses propres moyens, et entre ici en rivalité avec elle. C'est à sa deuxième fonction qu'elle doit sans doute la plus grande partie de son influence. Lorsqu'elle apaise l'angoisse des hommes devant les dangers et les vicissitudes de la vie, lorsqu'elle les assure d'une bonne issue, lorsqu'elle leur dispense de la consolation dans le malheur, la science ne peut rivaliser avec elle. Celle-ci enseigne, il est vrai, comment on peut éviter certains dangers, combattre victorieusement bien des souffrances ; il serait très injuste de contester qu'elle est pour les hommes une puissante auxiliaire, mais dans bien des situations, elle doit abandonner l'homme à sa souffrance et ne sait lui conseiller que la soumission. C'est dans sa troisième fonction, quand elle donne des préceptes, qu'elle édicte des interdits et des restrictions, que la religion s'éloigne le plus de la science. »
Freud
Thèse principale : La religion accomplit trois choses pour les hommes : elle leur donne des explications sur l'origine du monde, elle les protège et assure leur bonheur fini, et elle guide leurs actions en leur donnant des préceptes.

la science, seule garante de la vérité absolue

science religion
« Il est inadmissible de dire que la science est un domaine de l'activité intellectuelle humaine, que la religion et la philosophie en sont d'autres, de valeur au moins égale, et que la science n'a pas à intervenir dans les deux autres, qu'elles ont toutes la même prétention à la vérité, et que chaque être humain est libre de choisir d'où il veut tirer ses convictions et où il veut placer sa foi. Une telle conception passe pour particulièrement distinguée, tolérante, compréhensive et libre de préjugés étroits. Malheureusement, elle n'est pas soutenable, elle participe à tous les traits nocifs d'une Weltanschauung (1) absolument non scientifique et lui équivaut pratiquement. Il est évident que la vérité ne peut être tolérante, qu'elle n'admet ni compromis ni restriction, que la recherche considère tous les domaines de l'activité humaine comme les siens propres et qu'il lui faut devenir inexorablement critique lorsqu'une autre puissance veut en confisquer une part pour elle-même. »
Freud
Thèse principale : Il est inadmissible de dire que la science et la religion ont la même valeur et prétention à la vérité.

la force de la communauté face à l'individu isolé

liberté justice
« La vie en commun ne devient possible que lorsqu'une pluralité parvient à former un groupement plus puissant que ne l'est lui-même chacun de ses membres, et à maintenir une forte cohésion en face de tout individu pris en particulier. La puissance de cette communauté en tant que “Droit” s'oppose alors à celle de l'individu, flétrie (1) du nom de force brutale. En opérant cette substitution de la puissance collective à la force individuelle, la civilisation fait un pas décisif. Son caractère essentiel réside en ceci que les membres de la communauté limitent leurs possibilités de plaisir alors que l'individu isolé ignorait toute restriction de ce genre. »
Freud
Thèse principale : La vie en commun devient possible lorsque plusieurs personnes forment un groupement plus puissant que chacune individuellement, et maintiennent une forte cohésion.

les règles morales comme garantes de la vie en société

devoir état
« Si la culture a établi le commandement de ne pas tuer le voisin que l'on hait, qui nous fait obstacle et dont on convoite les biens, cela fut manifestement dans l'intérêt de la vie en commun des hommes qui, autrement, serait impraticable. Car le meurtrier attirerait sur lui la vengeance des proches de la victime du meurtre et la sourde envie des autres, qui intérieurement se sentent tout autant enclins à un tel acte de violence. Il ne jouirait donc pas longtemps de sa vengeance ou de son butin, il aurait bien au contraire toute chance d'être lui-même bientôt abattu. Quand bien même, grâce à une force et à une prudence extraordinaires, il se protégerait d'un adversaire isolé, il ne pourrait que succomber à une union d'adversaires plus faibles. Si une telle union ne se constituait pas, la pratique du meurtre se prolongerait indéfiniment. »
Freud
Thèse principale : Si la culture a établi le commandement de ne pas tuer, cela fut manifestement pour la vie en commun des hommes.

la civilisation comme rempart face à la nature

« C'est précisément à cause de ces dangers dont la nature nous menace que nous nous sommes rapprochés et avons créé la civilisation qui, entre autres raisons d'être, doit nous permettre de vivre en commun. À la vérité, la tâche principale de la civilisation, sa raison d'être essentielle est de nous protéger contre la nature. On le sait, elle s'acquitte, sur bien des chapitres, déjà fort bien de cette tâche et plus tard elle s'en acquittera évidemment un jour encore bien mieux. Mais personne ne nourrit l'illusion que la nature soit déjà domptée, et bien peu osent espérer qu'elle soit un jour tout entière soumise à l'homme. Voici les éléments, qui semblent se moquer de tout joug que chercherait à leur imposer l'homme : la terre, qui tremble, qui se fend, qui engloutit l'homme et son œuvre, l'eau, qui se soulève, et inonde et noie toute chose, la tempête, qui emporte tout devant soi ; voilà les maladies, que nous savons depuis peu seulement être dues aux attaques d'autres êtres vivants, et enfin l'énigme douloureuse de la mort, de la mort à laquelle aucun remède n'a jusqu'ici été trouvé et ne le sera sans doute jamais. Avec ces forces la nature se dresse contre nous, sublime, cruelle, inexorable ; ainsi elle nous rappelle notre faiblesse, notre détresse, auxquelles nous espérions nous soustraire grâce au labeur de notre civilisation. C'est un des rares spectacles nobles et exaltants que les hommes puissent offrir que de les voir, en présence d'une catastrophe due aux éléments, oublier leurs dissensions, les querelles et animosités qui les divisent pour se souvenir de leur grande tâche commune : le maintien de l'humanité face aux forces supérieures de la nature. »
Freud
Thèse principale : C'est précisément à cause des dangers que nous menacent, nous avons créé la civilisation pour nous protéger.

les limites de la conscience et de l'inconscient

Le Moi et le ça
conscience inconscient
« Des chercheurs, qui ne refuse pas de reconnaître les faits psychanalytiques, mais ne veulent pas admettre l'inconscient, se tirent d'affaire à l'aide du fait incontesté que la conscience aussi - en tant que phénomène - présente une large échelle de gradation dans l'intensité ou la clarté. De même qu'il y a des processus qui sont conscients d'une façon très vive, très aiguë et très saisissable, de même l'expérience vécue nous en présente d'autres qui ne sont conscients que d'une façon faible et même à peine discernable ; et les plus faiblement conscients d'entre eux seraient précisément ceux pour lesquels la psychanalyse prétend employer le terme impropre d'inconscient. Ces processus seraient néanmoins conscients eux aussi ou “dans la conscience”, et pourraient être rendus pleinement et fortement conscients si on leur accordait une attention suffisante. Pour autant que des arguments puissent avoir une influence sur la décision dans une telle question qui dépend ou bien d'une convention ou bien de facteurs affectifs, on peut ajouter ici les remarques suivantes : la référence à une échelle de clarté dans le fait d'être conscient n'a rien de contraignant et n'a pas plus de force démonstrative que les propositions de ce genre : il y a tant de degrés d'éclairement depuis la lumière la plus vive et aveuglante jusqu'à la faible lueur que, par conséquent, il n'y a absolument pas d'obscurité. […] En outre, en subsumant l'imperceptible sous le conscient (1), on n'aboutit qu'à porter atteinte à la seule et unique certitude immédiate qui soit dans le psychique. Une conscience dont on ne sait rien, cela me paraît beaucoup plus absurde qu'un psychique inconscient. »
Freud, Le Moi et le ça
Thèse principale : Des chercheurs qui reconnaissent les faits psychanalytiques refusent l'inconscient à l'aide des dégradations de conscience.

les limites du progrès technique

science bonheur
« Au cours des dernières générations, l'humanité a fait accomplir des progrès extraordinaires aux sciences physiques et naturelles et à leurs applications techniques : elle a assuré sa domination sur la nature d'une manière jusqu'ici inconcevable. Les caractères de ces progrès sont si connus que l'énumération en est superflue. Or, les hommes sont fiers de ces conquêtes, et à bon droit. Ils croient toutefois constater que cette récente maîtrise de l'espace et du temps, cet asservissement des forces de la nature, cette réalisation d'aspirations millénaires, n'ont aucunement élevé la somme de jouissance qu'ils attendent de la vie. Ils n'ont pas le sentiment d'être pour cela devenus plus heureux. On devrait se contenter de conclure que la domination de la nature n'est pas la seule condition du bonheur, pas plus qu'elle n'est le but unique de l'œuvre civilisatrice, et non que les progrès de la technique sont dénués de valeur pour notre bonheur. »
Freud
Thèse principale : Les progrès scientifiques ont assuré la domination sur la nature sans améliorer le bonheur humain.

le dilemme entre liberté individuelle et exigences collectives

« Il ne paraît pas qu'on puisse amener l'homme par quelque moyen que ce soit à troquer sa nature contre celle d'un termite (1) ; il sera toujours enclin à défendre son droit à la liberté individuelle contre la volonté de la masse. Un bon nombre de luttes au sein de l'humanité se livrent et se concentrent autour d'une tâche unique : trouver un équilibre approprié, donc de nature à assurer le bonheur de tous, entre ces revendications de l'individu et les exigences culturelles de la collectivité. Et c'est l'un des problèmes dont dépend le destin de l'humanité que de savoir si cet équilibre est réalisable au moyen d'une certaine forme de civilisation, ou bien si au contraire ce conflit est insoluble. »
Freud
Thèse principale : L'homme défendra toujours sa liberté individuelle.

la superstition comme complément logique

Psychopathologie de la vie quotidienne
conscience science
« Lorsque les hommes ont commencé à penser, ils furent obligés de résoudre anthropomorphiquement le monde en une multitude de personnalités faites à leur image ; les accidents et les hasards qu'ils interprétaient superstitieusement étaient donc à leurs yeux des actions, des manifestations de personnes ; autrement dit, ils se comportaient exactement comme les paranoïaques, qui tirent des conclusions du moindre signe fourni par d'autres, et comme se comportent tous les hommes sains qui, avec raison, formulent des jugements sur le caractère de leurs semblables en se basant sur leurs actions accidentelles et non-intentionnelles. Dans notre conception du monde moderne, conception scientifique, et qui est encore loin d'être achevée dans toutes ses parties, la superstition apparaît donc quelque peu déplacée ; mais elle était justifiée dans la conception des époques préscientifiques, puisqu'elle en était un complément logique. Le Romain, qui renonçait à un important projet, parce qu'il venait de constater un vol d'oiseaux défavorable, avait donc relativement raison ; il agissait conformément à ses prémisses. Mais lorsqu'il renonçait à son projet, parce qu'il avait fait un faux-pas sur le seuil de sa porte. Il se montrait supérieur à nous autres incrédules, il se révélait meilleur psychologue que nous le sommes. C'est que ce faux-pas était pour lui une preuve de l'existence d'un doute, d'une opposition intérieure à ce projet, doute et opposition dont la force pouvait annihiler celle de son intention au moment de l'exécution du projet. On n'est en effet sûr du succès complet que lorsque toutes les forces de l'âme sont tendues vers le but désiré. »
Freud, Psychopathologie de la vie quotidienne
Thèse principale : Lorsque les hommes pensent, ils donnent du sens à leur environnement et interprètent le hasard comme des actions. Ils se comportent comme les paranoïaques qui tirent des conclusions de signes faibles ou comme ceux qui jugent le caractère des autres en fonction de leurs actions inintentionnelles.

justice liberté
« La vie en commun des hommes n'est rendue possible que si se trouve réunie une majorité qui est plus forte que chaque individu et qui garde sa cohésion face à chaque individu. La puissance de cette communauté s'oppose maintenant en tant que “droit” à la puissance de l'individu qui est condamnée en tant que “violence brute”. Ce remplacement de la puissance de l'individu par celle de la communauté est le pas culturel décisif. Son essence consiste en ce que les membres de la communauté se limitent dans leurs possibilités de satisfaction, alors que l'individu isolé ne connaissait pas de limite de ce genre. L'exigence culturelle suivante est alors celle de la justice, c'est-à-dire l'assurance que l'ordre de droit, une fois donné, ne sera pas de nouveau battu en brèche (1) en faveur d'un individu. »
Freud
Thèse principale : La vie est possible grâce à la force collective et non à celle des individus.

la culture comme rempart contre la nature hostile

L'Avenir d'une illusion
« Mais quelle ingratitude, quelle courte vue en somme que d'aspirer à une suppression de la culture ! Ce qui subsiste alors, c'est l'état de nature, et il est de beaucoup plus lourd à supporter. C'est vrai, la nature ne nous demanderait aucune restriction pulsionnelle, elle nous laisserait faire, mais elle a sa manière particulièrement efficace de nous limiter, elle nous met à mort, froidement, cruellement, sans ménagement aucun, à ce qu'il nous semble, parfois juste quand nous avons des occasions de satisfaction. C'est précisément à cause de ces dangers dont la nature nous menace que nous nous sommes rassemblés et que nous avons créé la culture qui doit aussi, entre autres, rendre possible notre vie en commun. C'est en effet la tâche principale de la culture, le véritable fondement de son existence, que de nous défendre contre la nature. On sait que, sur bien des points, elle y parvient d'ores et déjà relativement bien, elle fera manifestement beaucoup mieux plus tard. Mais aucun être humain ne cède au leurre de croire que la nature est dès à présent soumise à notre contrainte, rares sont ceux qui osent espérer qu'elle sera un jour entièrement assujettie à l'homme. Il y a les éléments qui semblent se rire de toute contrainte humaine, la terre qui tremble, se déchire, ensevelit tout ce qui est humain et œuvre de l'homme, l'eau qui en se soulevant submerge et noie toutes choses, la tempête qui les balaie dans son souffle, il y a les maladies que nous reconnaissons, depuis peu seulement, comme des agressions d'autres êtres vivants, enfin l'énigme douloureuse de la mort, contre laquelle jusqu'à présent aucune panacée (1) n'a été trouvée, ni ne le sera vraisemblablement jamais. Forte de ces pouvoirs, la nature s'élève contre nous, grandiose, cruelle, inexorable, elle nous remet sous les yeux notre faiblesse et notre détresse, auxquelles nous pensions nous soustraire grâce au travail culturel. »
Freud, L'Avenir d'une illusion
Thèse principale : La culture défend contre la nature et nous sauve notre vie en commun.

le dilemme entre égo´sme et altruisme dans le développement individuel

Malaise dans la culture
« Le développement individuel nous apparaît comme un produit de l'interférence entre deux aspirations, l'aspiration au bonheur, que nous appelons habituellement “égoïste”, et l'aspiration à l'union avec les autres en une communauté, que nous disons altruiste. Ces deux désignations ne vont guère au-delà de la surface. Dans le développement individuel, comme nous l'avons dit, l'accent principal est le plus souvent porté sur l'aspiration égoïste, ou aspiration au bonheur, l'autre, qu'on doit appeler “culturelle”, se contentant en règle générale d'un rôle restrictif. Il en va autrement dans le processus de culture ; là, le but de fabriquer une unité à partir d'individus humains est de loin l'affaire principale, le but de rendre heureux existant toujours, mais rejeté à l'arrière-plan ; on dirait presque que la création d'une grande communauté humaine réussirait le mieux là où l'on n'aurait pas besoin de se préoccuper du bonheur de l'individu. Le processus de développement de l'individu doit donc bien avoir ses traits particuliers, qui ne se retrouvent pas dans le processus culturel de l'humanité ; ce n'est que dans la mesure où le premier processus a pour but le rattachement à la communauté qu'il doit coïncider avec le second. »
Freud, Malaise dans la culture
Thèse principale : Le développement individuel est une combinaison des aspirations égoïste et altruiste.

la nécessité de l'interdit du meurtre pour la vie en société

L'Avenir d'une illusion
justice raison
« Lorsque la civilisation instaura le commandement de ne pas tuer le voisin que l'on hait, qui vous gêne ou dont on convoite le bien, ce fut manifestement dans l'intérêt de la vie des hommes en communauté, qui sinon eût été impraticable. Car le meurtrier attirerait sur lui la vengeance des proches de la victime et la sourde envie des autres, lesquels éprouvent intérieurement tout autant de penchant pour une telle violence. Il ne jouirait donc pas longtemps de sa vengeance ou de son rapt, il aurait toute chance d'être bientôt abattu à son tour. Même si une force et une prudence extraordinaires le mettaient à l'abri d'un adversaire isolé, il ne pourrait que succomber face à l'association de plus faibles. Si une telle association ne se constituait pas, les meurtres se poursuivraient indéfiniment et la fin serait que les hommes s'extermineraient mutuellement. […] Le même danger pour tous quant à la sécurité de leur vie unit dès lors les hommes en une société qui interdit de tuer et se réserve le droit de mettre à mort en commun celui qui enfreint cet interdit. C'est alors la justice et le châtiment. Mais cette justification rationnelle de l'interdit du meurtre, nous n'en faisons pas état, nous prétendons que c'est Dieu qui a prononcé l'interdit. Ainsi, nous nous faisons fort de deviner ses intentions et nous trouvons que lui non plus ne veut pas que les hommes s'exterminent les uns les autres. En procédant de la sorte, nous habillons l'interdit civilisationnel d'une solennité toute particulière, mais nous risquons par là même de faire dépendre son respect de la foi en Dieu. Si nous revenons sur cette démarche, si nous n'attribuons plus indûment notre volonté à Dieu et si nous nous en tenons à la justification sociale, nous aurons certes renoncé à transfigurer l'interdit civilisationnel, en revanche nous aurons aussi évité qu'il soit mis en danger. »
Freud, L'Avenir d'une illusion
Thèse principale : Lorsque la civilisation instaura le commandement de ne pas tuer, c'était pour favoriser la vie en communauté.

l'union comme fondement du droit et de la force collective

Lettre à Einstein
« “L'union fait la force.” La violence est brisée par l'union, la force de ces éléments rassemblés représente dès lors le droit, par opposition à la violence d'un seul. Nous voyons donc que le droit est la force d'une communauté. C'est encore la violence, toujours prête à se tourner contre tout individu qui lui résiste, travaillant avec les mêmes moyens, attachée aux mêmes buts ; la différence réside, en réalité, uniquement dans le fait que ce n'est plus la violence de l'individu qui triomphe, mais celle de la communauté. Mais, pour que s'accomplisse ce passage de la violence au droit nouveau, il faut qu'une condition psychologique soit remplie. L'union du nombre doit être stable et durable. Si elle se créait à seule fin de combattre un plus puissant pour se dissoudre une fois qu'il est vaincu, le résultat serait nul. Le premier qui viendrait ensuite à s'estimer plus fort chercherait de nouveau à instituer une hégémonie de violence, et le jeu se répéterait indéfiniment. La communauté doit être maintenue en permanence, s'organiser, établir des règlements qui préviennent les insurrections à craindre, désigner des organes qui veillent au maintien des règlements - des lois -, et qui assurent l'exécution des actes de violence conformes aux lois. De par la reconnaissance d'une semblable communauté d'intérêts, il se forme, au sein des membres d'un groupe d'hommes réunis, des attaches d'ordre sentimental, des sentiments de communauté, sur lesquels se fonde, à proprement parler, la force de cette collectivité. »
Freud, Lettre à Einstein (1932)

le pouvoir sur la nature ne garantit pas le bonheur

Le Malaise dans la culture
science bonheur
« Les dernières générations ont fait des progrès extraordinaires dans les sciences de la nature et leur application technique, et ont affermi leur domination de la nature d'une façon jusque-là inimaginable. Le détail de ces progrès est connu, il est superflu de les énumérer. Les hommes sont fiers de ces conquêtes, et à bon droit. Mais ils croient avoir remarqué que ce pouvoir nouvellement acquis de disposer de l'espace et du temps, cet asservissement des forces de la nature, l'accomplissement de ce désir millénaire, n'ont pas augmenté la satisfaction du plaisir qu'ils attendent de la vie, ils ont le sentiment que tout cela ne les a pas rendus plus heureux. Cette constatation devrait suffire à en tirer la conclusion que le pouvoir exercé sur la nature n'est pas l'unique condition du bonheur des hommes, de même qu'il n'est pas le seul but des aspirations de la culture, et non pas à en déduire que les progrès techniques n'ont aucune valeur pour notre économie du bonheur (1). »
Freud, Le Malaise dans la culture (1929)
Thèse principale : Les dernières générations ont connu des progrès incroyables dans les sciences et leur application technique.

les deux faces de la culture humaine

L'Avenir d'une illusion
liberté travail
« La culture humaine - j'entends par là tout ce en quoi la vie humaine s'est élevée au-dessus de ses conditions animales et ce en quoi elle se différencie de la vie des bêtes, et je dédaigne de séparer culture et civilisation - présente, comme on sait, deux faces à l'observateur. Elle englobe, d'une part, tout le savoir et tout le savoir-faire que les hommes ont acquis afin de dominer les forces de la nature et de gagner sur elle des biens pour la satisfaction des besoins humains et, d'autre part, tous les dispositifs qui sont nécessaires pour régler les relations des hommes entre eux et, en particulier, la répartition des biens accessibles. Ces deux orientations de la culture ne sont pas indépendantes l'une de l'autre, premièrement, parce que les relations mutuelles des hommes sont profondément influencées par la mesure de satisfaction pulsionnelle (1) que permettent les biens disponibles ; deuxièmement, parce que l'homme lui-même, pris isolément, est susceptible d'entrer avec un autre dans une relation qui fait de lui un bien, pour autant que cet autre utilise sa force de travail ou le prend pour objet sexuel ; mais aussi, troisièmement, parce que chaque individu est virtuellement un ennemi de la culture, laquelle est pourtant censée être d'un intérêt humain universel. Il est remarquable que les hommes, si tant est qu'ils puissent exister dans l'isolement, ressentent néanmoins comme une pression pénible les sacrifices que la culture attend d'eux pour permettre une vie en commun. La culture doit donc être défendue contre l'individu, et ses dispositifs, institutions et commandements se mettent au service de cette tâche. »
Freud, L'Avenir d'une illusion (1927)
Thèse principale : La culture humaine présente deux faces, englobant savoir et dispositifs sociaux qui régissent les relations entre hommes.

la liberté individuelle face aux contraintes culturelles

Malaise dans la culture
« La liberte? individuelle n’est pas un bien de la culture. C’est avant toute culture qu’elle e?tait la plus grande ; mais alors elle e?tait le plus souvent sans valeur, parce que l’individu n’e?tait gue?re en mesure de la de?fendre. Le de?veloppement culturel lui fait subir des restrictions, et la justice exige que ces restrictions ne soient e?pargne?es a? personne. Ce qui s’agite dans une communaute? humaine sous la forme d’un instinct de liberte? peut e?tre un soule?vement contre une injustice existante, et ainsi devenir favorable a? un nouveau de?veloppement de la culture, en restant compatible avec la culture. Cela peut nai?tre aussi de ce reste de la personnalite? originelle indompte?e par la culture, et devenir un fondement de l’hostilite? a? la culture. L’instinct de liberte? se dirige alors contre certaines formes et exigences de la culture, ou contre la culture en ge?ne?ral. »
Freud, Malaise dans la culture (1929)
Thèse principale : La liberté individuelle est une valeur culturelle qui nécessite des restrictions pour être protégée et pour que justice soit faite.

la construction des concepts scientifiques : entre description et abstraction

Métapsychologie
« Nous avons souvent entendu formuler l’exigence suivante : une science doit être construite sur des concepts fondamentaux clairs et nettement définis. En réalité, aucune science, même la plus exacte, ne commence par de telles définitions. Le véritable commencement de toute activité scientifique consiste plutôt dans la description des phénomènes, qui sont ensuite rassemblés, ordonnés et insérés dans des relations. Dans la description déjà, on ne peut éviter d’appliquer au matériel certaines idées abstraites que l’on puise ici ou là, et certainement pas dans la seule expérience actuelle. De telles idées – qui deviendront les concepts fondamentaux de la science – sont dans l’élaboration ultérieure des matériaux encore plus indispensables. Elles comportent d’abord nécessairement un certain degré d’indétermination ; il ne peut être question de cerner clairement leur contenu. Aussi longtemps qu’elles sont dans cet état, on se met d’accord sur leur signification en multipliant les références au matériel de l’expérience, auquel elles semblent être empruntées mais qui, en réalité, leur est soumis. Elles ont donc, en toute rigueur, le caractère de conventions, encore que tout dépende du fait qu’elles ne soient pas choisies arbitrairement mais déterminées par leurs importantes relations aux matériaux empiriques ; ces relations, on croit les avoir devinées avant même de pouvoir en avoir connaissance et en fournir la preuve. Ce n’est qu’après un examen plus approfondi du domaine de phénomènes considérés que l’on peut saisir plus précisément les concepts scientifiques fondamentaux qu’ils requièrent et les modifier progressivement pour les rendre largement utilisables ainsi que libres de toute contradiction. C’est alors qu’il peut être temps de les enfermer dans des définitions. »
Freud, Métapsychologie (1915-1917)
Thèse principale : Nous devons reconnaître que les sciences fondamentales reposent sur des concepts clairs et nettement définis. En réalité, aucune science ne commence par de telles définitions, mais plutôt par la description de phénomènes qui sont ensuite rassemblés et ordonnés.

l'émergence de la culture et de la justice dans la vie en commun

Malaise dans la culture
« L'e?le?ment culturel serait donne? par la premie?re tentative de re?glementation des rapports sociaux. Si pareille tentative faisait de?faut, ceux-ci seraient alors soumis a? l’arbitraire individuel, autrement dit a? l’individu physiquement le plus fort qui les re?glerait dans le sens de son propre inte?re?t et de ses pulsions instinctives. Et rien ne serait change? si ce plus fort trouvait plus fort que lui. La vie en commun ne devient possible que lorsqu’une pluralite? parvient a? former un groupement plus puissant que ne l’est lui-me?me chacun de ses membres, et a? maintenir une forte cohe?sion en face de tout individu pris en particulier. La puissance de cette communaute? en tant que “Droit” s’oppose alors a? celle de l’individu, condamne?e en tant que “force brute”. En remplac?ant la puissance de l’individu par la puissance collective, la culture fait un pas de?cisif. Son caracte?re essentiel re?side en ceci que les membres de la communaute? limitent leurs possibilite?s de plaisir alors que l’individu isole? ignorait toute restriction de ce genre. Ainsi donc la prochaine exigence culturelle est celle de la “justice”, soit l’assurance que l’ordre le?gal de?sormais e?tabli ne sera jamais viole? au profit d’un seul. »
Freud, Malaise dans la culture (1930)
Thèse principale : L'élement culturel serait donné par la première tentative de réglementation des rapports sociaux.

les limites du bonheur et la prédominance de la souffrance

Malaise dans la civilisation
« Ce qu’on appelle bonheur au sens strict re?sulte de la satisfaction pluto?t soudaine de besoins accumule?s et n’est possible, par nature, que comme phe?nome?ne e?pisodique. Toute prolongation d’une situation convoite?e par le principe de plaisir donne seulement un sentiment de tie?de contentement ; nous sommes ainsi faits que nous ne pouvons jouir intense?ment que du contraste, et tre?s peu d’un e?tat. De ce fait, nos possibilite?s de bonheur sont de?ja? limite?es par notre constitution. Il y a beaucoup moins de difficulte?s a? faire l’expe?rience du malheur. La souffrance menace de trois co?te?s : de notre propre corps, destine? a? la de?che?ance et a? la de?composition, et qui me?me ne saurait se passer de la douleur et de l’angoisse comme signaux d’alarme ; du monde exte?rieur, capable de se de?chai?ner contre nous avec des forces e?normes, implacables et destructrices ; et enfin des relations avec d’autres e?tres humains. La souffrance provenant de cette dernie?re source, nous l’e?prouvons peut-e?tre plus douloureusement que toute autre ; nous avons tendance a? y voir une sorte de surcroi?t sans ne?cessite?, bien qu’elle ne soit sans doute pas moins fatalement ine?vitable que les souffrances d’autres origines. Il n’est pas surprenant que, sous la pression de ces possibilite?s de souffrance, les hommes aient coutume d’en rabattre sur leur revendication de bonheur. »
Freud, Malaise dans la civilisation (1930)
Thèse principale : Le bonheur est épisodique et ne peut être prolongé que par une sensation de contentement.

l'évolution de la science : de la transformation à la vérité

L’Avenir d’une illusion
« La science a beaucoup d'ennemis de?clare?s, et encore plus d'ennemis cache?s, parmi ceux qui ne peuvent lui pardonner d'avoir o?te? a? la foi religieuse sa force et de menacer cette foi d'une ruine totale. On lui reproche de nous avoir appris bien peu et d'avoir laisse? dans l'obscurite? incomparablement davantage. Mais on oublie, en parlant ainsi, l'extre?me jeunesse de la science, la difficulte? de ses de?buts, et l'infinie brie?vete? du laps de temps e?coule? depuis que l'intellect humain est assez fort pour affronter les ta?ches qu'elle lui propose. Ne commettons-nous pas, tous tant que nous sommes, la faute de prendre pour base de nos jugements des laps de temps trop courts ? Nous devrions suivre l'exemple des ge?ologues. On se plaint de l'incertitude de la science, on l'accuse de promulguer aujourd'hui une loi que la ge?ne?ration suivante reconnai?t pour une erreur et remplace par une loi nouvelle qui n'aura pas plus longtemps cours. Mais ces accusations sont injustes et en partie fausses. La transformation des opinions scientifiques est e?volution, progre?s, et non de?molition. Une loi, que l'on avait d'abord tenue pour universellement valable, se re?ve?le comme n'e?tant qu'un cas particulier d'une loi (ou d’une le?galite?) plus ge?ne?rale encore, ou bien l'on voit que son domaine est borne? par une autre loi, que l'on ne de?couvre que plus tard ; une approximation en gros de la ve?rite? est remplace?e par une autre, plus soigneusement adapte?e a? la re?alite?, approximation qui devra attendre d'e?tre perfectionne?e a? son tour. Dans divers domaines, nous n'avons pas encore de?passe? la phase de l'investigation, phase ou? l'on essaie diverses hypothe?ses qu'on est biento?t contraint, en tant qu'inade?quates, de rejeter. Mais dans d'autres nous avons de?ja? un noyau de connaissances assure?es et presque immuables. »
Freud, L’Avenir d’une illusion (1927)
Thèse principale : La science a beaucoup d'ennemis et encore plus d'ennemis cachés, mais elle est jeune.

la créativité comme essence humaine

Le poète et l'activité de fantaisie
« Si au moins nous pouvions découvrir chez nous ou chez nos semblables une activité apparentée d’une manière ou d’une autre à ce que fait le poète ! L’investigation de celle-ci nous permettrait d’espérer acquérir un premier éclaircissement sur l’activité créatrice du poète. Et effectivement, une telle perspective existe – les poètes eux-mêmes d’ailleurs aiment à réduire l’écart entre leur particularité et l’essence humaine en général ; ils nous assurent si fréquemment qu’en tout homme se cache un poète et que le dernier poète ne mourra qu’avec le dernier homme.
Ne devrions-nous pas chercher déjà chez l’enfant les premières traces d’une activité poétique ? L’occupation la plus chère et la plus intense de l’enfant est le jeu. Peut-être sommes-nous en droit de dire : tout enfant qui joue se comporte comme un poète en tant qu’il se crée son propre monde ou, pour parler plus exactement, transporte les choses de son monde dans un ordre nouveau à sa convenance. Ce serait un tort de croire qu’il ne prend pas ce monde au sérieux, au contraire, il prend son jeu très au sérieux, il y emploie de grands montants d’affect. Le contraire du jeu n’est pas le sérieux, mais… la réalité. En dépit de tout investissement d’affect, l’enfant distingue fort bien son monde de jeu de la réalité, et il étaye (1) volontiers les objets et les circonstances qu’il a imaginés sur des choses palpables et visibles du monde réel. Rien d’autre que cet étayage ne distingue encore l’« activité de jeu » de l’enfant de l’« activité de fantaisie ».
Or le poète fait la même chose que l’enfant qui joue ; il crée un monde de fantaisie qu’il prend très au sérieux, c.-à-d. qu’il le dote de grands montants d’affect tout en le séparant strictement de la réalité. »
Freud, Le poète et l'activité de fantaisie (1907)
Thèse principale : L

L'inconscient est structuré par les pulsions refoulées

L'inconscient
Majeure
Le psychisme refoule les désirs inavouables
Mineure
Ces désirs refoulés continuent d'agir inconsciemment
Conclusion
Donc l'inconscient est le lieu du refoulé actif

La religion est une illusion névrotique

La religion
Majeure
La religion projette le père
Mineure
Cette projection est infantile
Conclusion
Donc la religion est névrose
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Assistant Philosophique
Bonjour, je suis l'assistant philosophique. Posez-moi vos questions sur Freud, ses concepts ou sa philosophie.
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