Bachelard

Bachelard

1884;1962
Rupture épistémologique;Imagination;Science
Gaston Bachelard, philosophe français, est connu pour ses travaux sur la philosophie des sciences et sur l'épistémologie, notamment pour ses concepts de rupture épistémologique et d'obstacle épi...

Biographie

Gaston Bachelard, philosophe français, est connu pour ses travaux sur la philosophie des sciences et sur l'épistémologie, notamment pour ses concepts de rupture épistémologique et d'obstacle épistémologique.

Courant philosophique

Épistémologie

Ce courant de pensée se caractérise par une approche spécifique des questions philosophiques fondamentales.

Approche philosophique

Philosophie des sciences

Contexte historique

Bachelard émerge dans une France marquée par les bouleversements du début du 20e siècle, notamment les deux guerres mondiales, ayant lui-même été mobilisé pendant la Première Guerre mondiale. Issu d'un milieu modeste, il reste attentif aux questions sociales et écologiques, s'inquiétant particulièrement de la pollution industrielle et des inégalités sociales.

Sa pensée se développe dans un contexte philosophique dominé par le positivisme comtien, l'idéalisme allemand et le bergsonisme, face auxquels il adopte une position originale. Il élabore une épistémologie historique centrée sur les ruptures et les révolutions scientifiques, s'écartant des approches continuistes dominantes.
Son œuvre évolue depuis ses premiers travaux sur la connaissance ("Essai sur la connaissance approchée", 1928) vers une théorie de la rupture épistémologique développée dans "Le Nouvel Esprit scientifique" (1934).
Il introduit le concept de "surrationalisme" ou "rationalisme dialectique" pour décrire l'évolution de la pensée scientifique, tout en développant parallèlement une réflexion sur l'imagination et la poétique ("La Psychanalyse du feu", 1938).
Cette double approche, qui réconcilie raison scientifique et imagination créatrice, influence des domaines aussi variés que l'épistémologie, la poétique, la psychanalyse et la critique littéraire.

Pour réussir au bac avec Bachelard

Pour mobiliser efficacement cet auteur dans vos dissertations :

  • Maîtrisez ses concepts clés et sa démarche philosophique
  • Mémorisez quelques citations pertinentes pour illustrer ses idées
  • Comprenez la cohérence globale de sa pensée et son évolution
  • Identifiez ses apports majeurs à l'histoire de la philosophie
  • Établissez des liens avec d'autres philosophes pour une approche comparative

Information

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le doute scientifique, moteur de la connaissance

science vérité
« Il semble que le savoir scientifique acquis soit toujours essayé, toujours contrôlé, toujours critiqué. Un peu de doute potentiel reste toujours en réserve dans les notions scientifiques […]. On ne l'élimine pas par une expérience réussie. Il pourra renaître, s'actualiser quand une autre expérience est rencontrée. Et, précisément, à la différence de la connaissance commune, la connaissance scientifique est faite de la rencontre d'expériences nouvelles ; elle prend son dynamisme de la provocation d'expériences qui débordent le champ d'expériences anciennes. On n'est donc jamais sûr que ce qui fut fondamental le restera. Le dogmatisme scientifique est un dogmatisme qui s'émousse. Il peut trancher un débat actuel et cependant être un embarras quand l'expérience enjoint de “remettre en question” une notion. Tout savoir scientifique est ainsi soumis à une autocritique. On ne s'instruit, dans les sciences modernes, qu'en critiquant sans cesse son propre savoir. »
Bachelard
Thèse principale : Le savoir scientifique est toujours contrôlé, toujours critiqué et sujet à autocritique.

la raison au service de la connaissance

« L'arithmétique n'est pas plus que la géométrie une promotion naturelle d'une raison immuable. L'arithmétique n'est pas fondée sur la raison. C'est la doctrine de la raison qui est fondée sur l'arithmétique élémentaire. Avant de savoir compter, je ne savais guère ce qu'était la raison. En général, l'esprit doit se plier aux conditions du savoir. Il doit créer en lui une structure correspondant à la structure du savoir. Il doit se mobiliser autour d'articulations qui correspondent aux dialectiques du savoir. Que serait une fonction sans des occasions de fonctionner ? Que serait une raison sans des occasions de raisonner ? La pédagogie de la raison doit donc profiter de toutes les occasions de raisonner. Elle doit chercher la variété des raisonnements, ou mieux du raisonnement […]. La raison, encore une fois, doit obéir à la science. »
Bachelard
Thèse principale : La raison est fondée sur l'arithmétique élémentaire.

la nécessité d'une conversion pour la pensée scientifique

« Pour le savant, la connaissance sort de l'ignorance comme la lumière sort des ténèbres. Le savant ne voit pas que l'ignorance est un tissu d'erreurs positives, tenaces, solidaires. Il ne se rend pas compte que les ténèbres spirituelles ont une structure et que, dans ces conditions, toute expérience objective correcte doit toujours déterminer la correction d'une erreur subjective. Mais on ne détruit pas les erreurs une à une facilement. Elles sont coordonnées. L'esprit scientifique ne peut se constituer qu'en détruisant l'esprit non scientifique. Trop souvent le savant se confie (1) à une pédagogie fractionnée alors que l'esprit scientifique devrait viser à une réforme subjective totale. Tout réel progrès dans la pensée scientifique nécessite une conversion. »
Bachelard
Thèse principale : La connaissance sort de l'ignorance comme la lumière sort des ténèbres.

l'esprit scientifique, une rectification du savoir passé

conscience science
« L'histoire humaine peut bien, dans ses passions, dans ses préjugés, dans tout ce qui relève des impulsions immédiates, être un éternel recommencement ; mais il y a des pensées qui ont été rectifiées, élargies, complétées. Elles ne retournent pas à leur aire restreinte ou chancelante. Or l'esprit scientifique est essentiellement une rectification du savoir, un élargissement des cadres de la connaissance. Il juge son passé historique en le condamnant. Sa structure est la conscience de ses fautes historiques. Scientifiquement, on pense le vrai comme rectification historique d'une longue erreur, on pense l'expérience comme rectification de l'illusion commune et première […]. L'essence même de la réflexion, c'est de comprendre qu'on n'avait pas compris. »
Bachelard
Thèse principale : L'histoire humaine peut être un éternel recommencement mais l'esprit scientifique rectifie les connaissances.

l'histoire des sciences : comprendre sans juger ?

science temps
« En histoire des sciences, il faut nécessairement comprendre, mais juger (1). Là est vraie plus qu'ailleurs cette opinion : “Ce n'est que par la plus grande force du présent que doit être interprété le passé”. L'histoire des empires et des peuples a pour idéal, à juste titre, le récit objectif des faits ; elle demande à l'historien de ne pas juger et si l'historien impose les valeurs de son temps à la détermination des valeurs des temps disparus, on l'accuse, avec raison, de suivre le “mythe du progrès”. Mais voici une différence évidente : pour la pensée scientifique, le progrès est démontré, il est démontrable, sa démonstration est même un élément pédagogique indispensable pour le développement de la culture scientifique. Autrement dit, le progrès est la dynamique même de la culture scientifique, et c'est cette dynamique que l'histoire des sciences doit écrire. Elle doit décrire en jugeant, en valorisant, en enlevant toute possibilité à un retour vers des notions erronées. L'histoire des sciences ne peut insister sur les erreurs du passé qu'à titre de repoussoir. »
Bachelard
Thèse principale : L'histoire des sciences est une histoire en mouvement.

la quête de connaissance entre représentation et convention

vérité science
« Devant le réel le plus complexe, si nous étions livrés à nous-mêmes, c'est du côté du pittoresque, du pouvoir évocateur que nous chercherions la connaissance : le monde serait notre représentation. Par contre, si nous étions livrés tout entiers à la société, c'est du côté du général, de l'utile, du convenu, que nous chercherions la connaissance : le monde serait notre convention. En fait, la vérité scientifique est une prédiction, mieux, une prédication. Nous appelons les esprits à la convergence en annonçant la nouvelle scientifique, en transmettant du même coup une pensée et une expérience, liant la pensée à l'expérience dans une vérification : le monde scientifique est donc notre vérification. »
Bachelard
Thèse principale : Devant le réel complexe, nous cherchons la connaissance du côté évocateur et scientifique.

la rectification historique de la connaissance

conscience science
« L'esprit a une structure variable dès l'instant où la connaissance a une histoire. En effet, l'histoire humaine peut bien, dans ses passions, dans ses préjugés, dans tout ce qui relève des impulsions immédiates, être un éternel recommencement ; mais il y a des pensées qui ne recommencent pas ; ce sont les pensées qui ont été rectifiées, élargies, complétées. Elles ne retournent pas à leur aire restreinte ou chancelante. Or l'esprit scientifique est essentiellement une rectification du savoir, un élargissement des cadres de la connaissance. Il juge son passé historique en le condamnant. Sa structure est la conscience de ses fautes historiques. Scientifiquement, on pense le vrai comme rectification historique d'une longue erreur, on pense l'expérience comme rectification de l'illusion commune et première. »
Bachelard
Thèse principale : l'esprit a une structure variable, car les pensées rectifiées ne recommencent pas

la quête de l'objectivité scientifique : rompre avec nos premières impressions

raison science
« Il suffit que nous parlions d'un objet pour nous croire objectifs. Mais, par notre premier choix, l'objet nous désigne plus que nous ne le désignons et ce que nous croyons nos pensées fondamentales sur le monde sont souvent des confidences sur la jeunesse de notre esprit. Parfois nous nous émerveillons devant un objet élu, nous accumulons les hypothèses et les rêveries ; nous formons ainsi des convictions qui ont l'apparence d'un savoir. Mais la source initiale est impure : l'évidence première n'est pas une vérité fondamentale. En fait, l'objectivité scientifique n'est possible que si l'on a d'abord rompu avec l'objet immédiat, si l'on a refusé la séduction du premier choix, si l'on a arrêté et contredit les pensées qui naissent de la première observation. Toute objectivité, dûment vérifiée, dément le premier contact avec l'objet. Elle doit d'abord tout critiquer : la sensation, le sens commun, la pratique même la plus constante, l'étymologie enfin, car le verbe (1), qui est fait pour chanter et séduire, rencontre rarement la pensée. »
Bachelard
Thèse principale : «L'objectivité scientifique n'est possible que si l'on a rompu avec l'objet immédiat. »

les obstacles à l'apprentissage scientifique et la nécessité de la remise en question

« Dans l'éducation, la notion d'obstacle pédagogique est également méconnue. J'ai souvent été frappé du fait que les professeurs de sciences plus encore que les autres si c'est possible, ne comprennent pas qu'on ne comprenne pas. Peu nombreux sont ceux qui ont creusé la psychologie de l'erreur, de l'ignorance et de l'irréflexion. […] Les professeurs de sciences imaginent que l'esprit commence comme une leçon […] qu'on peut faire comprendre une démonstration en la répétant point pour point. Ils n'ont pas réfléchi au fait que l'adolescent arrive dans la classe de Physique avec des connaissances empiriques déjà constituées : il s'agit alors non pas d'acquérir une culture expérimentale, mais bien de changer de culture expérimentale, de renverser les obstacles déjà amoncelés par la vie quotidienne. Un seul exemple : l'équilibre des corps flottants fait l'objet d'une intuition familière qui est un tissu d'erreurs. D'une manière plus ou moins nette, on attribue une activité au corps qui flotte, mieux au corps qui nage. Si l'on essaie avec la main d'enfoncer un morceau de bois dans l'eau, il résiste. On n'attribue pas facilement la résistance à l'eau. Il est dès lors assez difficile de faire comprendre le principe d'Archimède dans son étonnante simplicité mathématique si l'on n'a pas d'abord critiqué et désorganisé le complexe impur des intuitions premières. En particulier sans cette psychanalyse des erreurs initiales, on ne fera jamais comprendre que le corps qui émerge et le corps complètement immergé obéissent à la même loi. »
Bachelard
Thèse principale : « Dans l'éducation, les professeurs de sciences doivent comprendre que les élèves arrivent avec des connaissances empiriques et qu'il s'agit de changer de culture expérimentale. »

l'observation scientifique, une vision polémique du réel

Le nouvel Esprit scientifique
« Déjà l'observation a besoin d'un corps de précautions qui conduisent à réfléchir avant de regarder, qui réforment du moins la première vision, de sorte que ce n'est jamais la première observation qui est la bonne. L'observation scientifique est toujours une observation polémique ; elle confirme ou infirme une thèse antérieure, un schéma préalable, un plan d'observation ; elle montre en démontrant ; elle hiérarchise les apparences ; elle transcende l'immédiat ; elle reconstruit le réel après avoir reconstruit ses schémas. Naturellement, dès qu'on passe de l'observation à l'expérimentation, le caractère polémique de la connaissance devient plus net encore. Alors il faut que le phénomène soit trié, filtré, épuré, coulé dans le moule des instruments, produit sur le plan des instruments. Or les instruments ne sont que des théories matérialisées. Il en sort des phénomènes qui portent de toutes parts la marque théorique. »
Bachelard, Le nouvel Esprit scientifique
Thèse principale : L'observation est toujours polémique, elle confirme ou infirme une thèse antérieure.

la nécessité de dépasser l'opinion pour atteindre la connaissance scientifique

« La science, dans son besoin d'achèvement comme dans son principe, s'oppose absolument à l'opinion. S'il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l'opinion, c'est pour d'autres raisons que celles qui fondent l'opinion ; de sorte que l'opinion a, en droit, toujours tort. L'opinion pense mal ; elle ne pense pas : elle traduit des besoins en connaissances. En désignant les objets par leur utilité, elle s'interdit de les connaître. On ne peut rien fonder sur l'opinion : il faut d'abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. Il ne suffirait pas, par exemple, de la rectifier sur des points particuliers, en maintenant, comme une sorte de morale provisoire, une connaissance vulgaire provisoire. L'esprit scientifique nous interdit d'avoir une opinion sur des questions que nous ne comprenons pas, sur des questions que nous ne savons pas formuler clairement. Avant tout, il faut savoir poser des problèmes. Et quoi qu'on dise, dans la vie scientifique, les problèmes ne se posent pas d'eux-mêmes. C'est précisément ce sens du problème qui donne la marque du véritable esprit scientifique. Pour un esprit scientifique, toute connaissance est une réponse à une question. S'il n'y a pas eu de question, il ne peut y avoir connaissance scientifique. Rien ne va de soi. Rien n'est donné. Tout est construit. »
Bachelard
Thèse principale : La science s'oppose absolument à l'opinion, car elle repose sur des connaissances et non sur des besoins. L'opinion est le premier obstacle à surmonter avant de parvenir à la connaissance scientifique.

Le nouvel Esprit scientifique
vérité science
« Déjà l'observation a besoin d'un corps de précautions qui conduisent à réfléchir avant de regarder, qui réforment du moins la première vision, de sorte que ce n'est jamais la première observation qui est la bonne. L'observation scientifique est toujours une observation polémique ; elle confirme ou infirme une thèse antérieure, un schéma préalable, un plan d'observation ; elle montre en démontrant ; elle hiérarchise les apparences ; elle transcende l'immédiat ; elle reconstruit le réel après avoir reconstruit ses schémas. Naturellement, dès qu'on passe de l'observation à l'expérimentation, le caractère polémique de la connaissance devient plus net encore. Alors il faut que le phénomène soit trié, filtré, épuré, coulé dans le moule des instruments, produit sur le plan des instruments. Or les instruments ne sont que des théories matérialisées. Il en sort des phénomènes qui portent de toutes parts la marque théorique. »
Bachelard, Le nouvel Esprit scientifique
Thèse principale : L'observation est toujours réfléchie, pas directe.

La science rompt avec le sens commun

La science
Majeure
Le sens commun fait obstacle à la science
Mineure
Il faut rompre avec ces obstacles
Conclusion
Donc la science est rupture

Le temps est discontinu

Le temps
Majeure
L'instant est la réalité du temps
Mineure
La durée est construction
Conclusion
Donc le temps est instantané

La vérité est approximation

La vérité
Majeure
La science progresse par rectifications
Mineure
Ces rectifications sont sans fin
Conclusion
Donc la vérité est approximative
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