Sa philosophie émerge dans un paysage dominé par la phénoménologie allemande et l'existentialisme, qu'il contribue à introduire en France. Cependant, il s'éloigne progressivement de l'ontologie heideggerienne pour développer une pensée originale faisant de l'éthique, et non plus de l'ontologie, la "philosophie première".
Son œuvre se construit autour de plusieurs moments clés : ses premières œuvres majeures comme "De l'existence à l'existant" après la guerre, puis le développement complet de son éthique de la relation à autrui dans "Totalité et Infini" (1961).
Sa pensée se nourrit d'une double culture, philosophique et juive, notamment à travers ses commentaires talmudiques réguliers à partir de 1957. Il développe une nouvelle langue philosophique avec des concepts comme le visage, la trace ou la substitution, proposant une réponse éthique aux tragédies de son temps qui trouve un écho croissant dans le monde universitaire à partir des années 1980.