Avant de chercher à répondre à un sujet de dissertation, il est indispensable de l'analyser en profondeur pour en saisir tous les aspects et éviter le hors-sujet. Les exercices suivants vous guident dans cette démarche d'analyse systématique, en appliquant les étapes vues dans la méthodologie.
Quels sont les mots-clés de ce sujet ?
Définissez précisément chaque mot-clé :
Quelle est la relation posée entre "langage" et "pensée" ? Est-elle positive ou négative selon la question ?
Quelle est la forme de la question ? Qu'implique-t-elle comme type de réponse attendue (oui/non nuancé) ?
Quel(s) présupposé(s) cette question contient-elle (par exemple, sur le fait que le langage a pour fonction d'exprimer la pensée) ?
Essayez de reformuler la question avec vos propres mots pour vérifier votre compréhension.
Quels sont les mots-clés ?
Définissez "voir" (perception sensible directe ? constatation visuelle ? compréhension intellectuelle - "je vois ce que tu veux dire" ?) et "savoir" (connaissance certaine ? croyance justifiée ? compétence ?).
Analysez la formulation "Suffit-il de... ?". Que demande précisément cette question (la vision est-elle une condition suffisante du savoir ? Est-elle au moins nécessaire ?) ?
Quel présupposé est contenu dans l'idée que "voir" pourrait être lié au "savoir" ? (Pensez à l'importance de la vue dans notre culture).
Quelles situations ou quels domaines pourraient illustrer l'idée que voir suffit pour savoir ?
Quelles situations ou quels arguments pourraient montrer que voir ne suffit pas (ou même peut empêcher) de savoir ?
Essayez de reformuler la question.
Ce sujet est de type conceptuel. Quel est le concept central ?
Définissez "la technique". Distinguez-la de la science, de l'art, du travail... (Ensemble des procédés ? Outils ? Savoir-faire ? Rapport au monde ?)
Quelles sont les questions implicites que soulève cette notion ? Formulez au moins trois questions philosophiques que l'on pourrait se poser à propos de "la technique".
Identifiez des tensions ou des paradoxes liés à la technique (ex: puissance créatrice vs puissance destructrice ; libération vs aliénation...).
Comment pourriez-vous reformuler ce sujet sous forme d'une question problématisée pour une dissertation ?
Quels sont les mots-clés ?
Définissez "art" (œuvres ? activité créatrice ? expérience esthétique ?) et "nous toucher" (émouvoir ? plaire ? faire réfléchir ? atteindre une vérité sensible ?).
Analysez la formulation "Pourquoi...?". Que demande cette question (les causes, les raisons, les mécanismes de l'effet de l'art sur nous) ?
Quel est le présupposé principal de cette question ?
Quelles pistes de réponse (différentes raisons pour lesquelles l'art nous touche) pouvez-vous envisager ? (Pensez à la beauté, à l'expression des émotions, à la représentation du réel, à la transgression, au message...)
Comment pourriez-vous reformuler cette question pour en faire ressortir un problème philosophique plus précis ?
Quels sont les mots-clés principaux ?
Définissez "conscience de soi" (simple sentiment d'exister ? réflexion sur soi ? introspection ?) et "connaissance" (savoir objectif ? certitude ? vérité ?).
Analysez la relation posée par le verbe "être". La question porte sur l'identité ou la non-identité des deux termes.
Quelle est la forme de la question ? Qu'implique-t-elle comme type de réponse ?
Quel présupposé peut-on identifier ? (Par exemple, que la conscience de soi existe et qu'elle a un rapport avec la connaissance).
Quels arguments pourraient soutenir que la conscience de soi est une connaissance (certitude immédiate du "je pense", introspection...) ?
Quels arguments pourraient soutenir qu'elle n'est pas (ou pas seulement) une connaissance (subjectivité, illusion sur soi, part d'inconscient...) ?
Essayez de reformuler la question.
Quels sont les mots-clés ?
Définissez "État" (institution politique ? pouvoir souverain ? organisateur de la vie commune ?), "viser" (avoir pour but ? garantir ? permettre ?) et "bonheur des citoyens" (bien-être matériel ? satisfaction subjective ? épanouissement moral ?).
Analysez la formulation "Doit-il...?". Sur quoi porte la question (légitimité morale ? rôle politique ? possibilité pratique ?) ?
Quel(s) présupposé(s) identifiez-vous ? (Par exemple, que le bonheur est un but souhaitable, que l'État a un rôle à jouer dans la vie des citoyens).
Quelles raisons pourraient justifier que l'État doive viser le bonheur (bienveillance, finalité de la politique...) ?
Quelles raisons pourraient justifier que l'État ne doive pas (ou ne puisse pas) viser le bonheur (respect de la liberté individuelle, danger du paternalisme ou du totalitarisme, nature privée du bonheur...) ?
Essayez de reformuler la question.
Quels sont les mots-clés ?
Définissez "prouver" (démontrer logiquement ? vérifier expérimentalement ? établir la certitude ?) et "croyance" (foi religieuse ? opinion ? conviction intime ? adhésion sans preuve ?). Distinguez "croyance" de "savoir".
Analysez la formulation "Peut-on...?". Sur quoi porte la question (possibilité logique ? capacité humaine ? légitimité ?) ?
Quel(s) présupposé(s) la question contient-elle sur la nature de la preuve et de la croyance ? (Par exemple, qu'elles semblent appartenir à des registres différents).
Dans quels cas ou sous quelles conditions pourrait-on envisager de "prouver" une croyance (ou de la transformer en savoir) ?
Pourquoi semble-t-il difficile, voire impossible, de "prouver" certaines croyances (notamment religieuses ou métaphysiques) ?
Essayez de reformuler la question.
Ce sujet est de type conceptuel mettant en relation deux notions. Quels sont ces deux concepts ?
Définissez "Nature" (ce qui est inné ? le monde physique ? l'essence ?) et "Culture" (ce qui est acquis ? l'ensemble des savoirs, croyances, institutions ? transformation de la nature ?).
Quelle est la relation la plus évidente entre ces deux termes (opposition ? distinction ? autre ?) ?
Quelles questions implicites cette mise en relation soulève-t-elle ?
Identifiez des domaines où l'articulation entre nature et culture est particulièrement problématique (ex: éducation, langage, technique, morale...).
Comment pourriez-vous reformuler ce sujet sous forme d'une question problématisée pour une dissertation ?
Prendre le temps de réaliser cette analyse détaillée pour chaque sujet vous force à cerner précisément ce qui est demandé et les enjeux soulevés. C'est le meilleur moyen d'éviter le hors-sujet et de poser les bases solides pour une problématisation pertinente et un plan cohérent. Ne sautez jamais cette étape, même si le sujet vous semble simple au premier abord !