Maintenant que vous savez repérer les éléments clés d'un texte (Partie 1), ces exercices vous proposent d'aller plus loin en commençant à rédiger. Pour chaque texte, une partie de l'explication est déjà fournie. À vous de compléter les parties manquantes en vous basant sur votre analyse et la méthodologie.
"Telle est cette liberté humaine que tous se vantent de posséder et qui consiste en cela seul que les hommes sont conscients de leurs désirs et ignorants des causes qui les déterminent. Un enfant croit librement appéter le lait, un jeune garçon irrité vouloir la vengeance et, s'il est poltron, vouloir fuir. Un homme ivre croit dire par un libre décret de son âme ce qu'ensuite, revenu à la sobriété, il voudrait avoir tu. De même un délirant, un bavard et bien d'autres de même farine croient agir par un libre décret de l'âme, et non se laisser contraindre."
— Spinoza, Éthique III, scolie de la proposition 2
Dans cet extrait de l'Éthique, Spinoza aborde le thème de la liberté humaine, plus précisément l'illusion du libre arbitre. Il soutient la thèse selon laquelle la liberté telle que les hommes se la représentent communément n'est qu'une ignorance des causes réelles qui les poussent à agir. Pour Spinoza, les hommes se croient libres car ils sont conscients de leurs désirs, mais ils ignorent les mécanismes nécessaires qui les produisent.
Pour étayer sa thèse, Spinoza utilise une série d'exemples concrets visant à illustrer cette illusion :
Expliquez au moins deux des exemples donnés par Spinoza (l'enfant, le jeune garçon, l'homme ivre, le délirant...) en montrant comment chacun illustre l'idée principale (conscience du désir + ignorance des causes).
[ Votre explication des exemples ici... ]
Ainsi, par ces exemples variés, Spinoza suggère que ce que nous appelons "libre décret de l'âme" n'est souvent que l'effet de mécanismes naturels ou psychologiques que nous ne maîtrisons pas et ne comprenons pas.
"En un mot, tous les matériaux de la pensée sont tirés de nos sens, externes ou internes ; l'esprit et la volonté n'ont d'autre fonction que de mêler et de combiner ces matériaux. Ou, pour m'exprimer en langage philosophique, toutes nos idées ou perceptions plus faibles sont des copies de nos impressions ou perceptions plus vives.
Pour le prouver, j'espère que les deux arguments suivants suffiront. Premièrement, quand nous analysons nos pensées ou nos idées, si composées ou si sublimes qu'elles soient, nous trouvons toujours qu'elles se résolvent en des idées si simples qu'elles sont la copie d'une sensation ou d'un sentiment antérieur. Même les idées qui, à première vue, paraissent les plus éloignées de cette origine se révèlent, à y regarder de près, en être dérivées."
— Hume, Enquête sur l'entendement humain, Section II
Hume, figure majeure de l'empirisme, s'attaque ici à la question de l'origine de nos idées. Il défend la thèse selon laquelle toutes nos pensées, même les plus complexes, dérivent en dernière instance de l'expérience sensible. Il affirme que nos "idées" (pensées faibles) ne sont que des "copies" de nos "impressions" (sensations ou sentiments vifs et directs).
Pour établir cette thèse fondamentale, Hume annonce deux arguments. Il commence ici par développer le premier : l'argument de l'analyse.
Expliquez précisément en quoi consiste ce premier argument de Hume. Comment l'analyse de nos idées, même "composées ou sublimes", permet-elle selon lui de remonter à une origine sensible ?
[ Votre explication du premier argument ici... ]
Ce premier argument repose donc sur une méthode d'analyse réductrice : décomposer le complexe en simple pour en trouver la source ultime dans l'expérience vécue.
"Mais, quand les difficultés qui environnent toutes ces questions laisseraient quelque lieu de disputer sur cette différence de l'homme et de l'animal, il y a une autre qualité très spécifique qui les distingue, et sur laquelle il ne peut y avoir de contestation, c'est la faculté de se perfectionner ; faculté qui, à l'aide des circonstances, développe successivement toutes les autres, et réside parmi nous tant dans l'espèce que dans l'individu, au lieu qu'un animal est, au bout de quelques mois, ce qu'il sera toute sa vie, et son espèce, au bout de mille ans, ce qu'elle était la première année de ces mille ans."
— Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
Dans ce passage, Rousseau cherche à identifier ce qui distingue fondamentalement l'homme de l'animal. Après avoir évoqué d'autres différences potentiellement discutables, il met en avant une qualité qu'il juge spécifique à l'homme et incontestable : la "faculté de se perfectionner", ou perfectibilité.
Il définit cette faculté comme la capacité, propre à l'espèce humaine et à chaque individu, de développer ses potentialités au cours du temps, notamment grâce à l'influence des "circonstances".
Rédigez la suite de l'explication en analysant l'opposition que Rousseau établit entre l'homme et l'animal pour illustrer cette idée de perfectibilité. Qu'est-ce que cette comparaison nous apprend sur la nature de l'homme selon Rousseau ?
[ Votre analyse de l'opposition homme/animal ici... ]
Ainsi, la perfectibilité apparaît comme la caractéristique essentielle qui ouvre l'homme à l'histoire, au changement et au développement de ses facultés, le différenciant radicalement de l'animal enfermé dans son instinct et sa nature fixe.
Lisez attentivement le texte et la partie de l'explication déjà fournie pour bien comprendre le contexte. Concentrez-vous sur la tâche demandée : il peut s'agir d'expliquer un argument précis, d'analyser un exemple, de définir un concept clé ou de développer une opposition. Essayez de rédiger votre partie en adoptant un style clair et rigoureux, en vous appuyant toujours sur le texte. Ces exercices vous aident à passer de l'analyse à la rédaction structurée.